Totalement loufoque, notre « vieux », répondant au nom d’Allan, qu’on pourrait croire rabougri et aigri dans les premières pages, va s’échapper de sa maison de retraite le jour de ses 100 ans, rien que pour tous les énerver, les infirmières, le maire et les autres résidents, qui ont organisé une fête et déplacé les médias locaux pour lui. Sauf que rien ne va se passer comme prévu. Lui qui voulait juste prendre l’air et voir un peu de pays va se retrouver avec un gang, certes plus bête que méchant, à ses trousses, sans vraiment comprendre ce qui lui arrive…

Vieux = grincheux ? Jonas Jonasson a décidé de nous prouver le contraire!

Avec le beau temps qui décidément ne veut pas s’installer sous nos latitudes, on vous emmène en Suède pour une cure de rire, un remède contre la morosité.

Vous pensiez être parti pour une pause littéraire au rythme de croisière ? Vous allez expérimenter une bourrasque narrative qui va vous faire voyager avec Allan, dans l’espace et le temps. Le récit alterne les chapitres qui font évoluer l’aventure de notre héros et ceux qui nous plongent dans sa vie, nous faisant découvrir qu’il serait en fin de compte la clé de voûte des plus grands événements du vingtième siècle, de la bombe nucléaire à l’effondrement de l’URSS, en passant par Mao.

Surdoué non reconnu, aussi bien par lui-même que par les autres, Allan nous embarque dans des situations plus insolites les unes que les autres et, avec ses compagnons de route rencontrés au hasard de ses pérégrinations, enchaîne les rebondissements. Comme si la trame de base ne suffisait pas, on sent que l’auteur s’est amusé et a pris un malin plaisir à greffer progressivement tous ces personnages, tous plus dérangés les uns que les autres, au service d’un humour déjanté. Entre un touche-à-tout ayant commencé toutes ses études mais n’en ayant fini aucune, fâché avec un frère à qui il a dérobé tout l’héritage familial, une femme plus viking que shopping, et même un éléphant, Jonas Jonasson nous étonne jusqu’au bout.

La narration est intelligente, bien menée, fluide et nous tient tant en haleine, qu’on n’arrive pas à s’arrêter de lire. On voudrait que le livre ne se termine pas, mais toute bonne chose a une fin. On ressort de cette lecture avec une pêche d’enfer. Et après ça, on regarde différemment les personnes âgées dans la rue. A lire, relire et à recommander chaudement.

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