mitsuba-labiblidemomiji

Aki Shimazaki nous dépeint dans un style épuré une histoire d’amour impossible. Mais le fil conducteur du livre est en réalité la contradiction entre les ambitions professionnelles et les désirs personnels au Japon, où l’individu doit sacrifier ses envies pour le bien-être du groupe, de la société.

Takashi Aoki, « shôsha man » (commercial) d’une grande société d’import-export, apprend le français, dans l’espoir d’être un jour affecté à Paris. Il s’attache petit à petit lors de ses cours à Yûko Tanase, standardiste très courtisée de son entreprise. D’échanges en échanges au café Mitsuba, ils commencent à vivre leur relation, mais secrètement, car cela pourrait créer de nombreux commérages dans l’entreprise. Ils trouveront tout de même le temps d’une escapade dans le Shinkansen. Takashi comprend alors enfin pourquoi son collègue Nobu a décidé de quitter son poste pour se consacrer à sa famille, incapable de supporter plus longtemps une pression sans fin exercé sur lui.

Triste histoire d’amour, les dirigeants décident d’envoyer Takashi dans leur succursale française, officiellement pour le récompenser de ses efforts. Officieusement pour l’éloigner de Yûko, que le fils de la banque Sumida a décidé de posséder coûte que coûte, quitte à faire pression sur les hauts gradés de l’entreprise. Et dans cette histoire, les gentils ne gagnent pas, doivent continuer à mener leurs vies et accepter la fatalité du destin. Et la fatalité de la nature, présente pour leur rappeler à chaque instant la fragilité des êtres et signant la fin de ce triste livre.

Aki Shimazaki dresse un portrait d’une société très hiérarchisée où l’amour ne saurait guider les décisions et où les personnages, s’ils tentent de maîtriser leur vie, ne peuvent leur faire qu’aux prix de grands sacrifices, de déshonneur potentiel. On apprécie la lecture de ce livre, qui est agréable et fluide, mais on en reste un peu sur sa faim, car l’auteur a laissé trop de choses en suspens, à mon goût.

Publicités