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Dans un futur plus ou moins proche, dans un monde où le capitalisme et le matérialisme semblent toujours aussi bien installés dans le canapé confortable de notre civilisation occidentale, nous évoluons tout en restant humains…On n’atteint pas encore les X-men, mais on peut faire croiser nos gênes avec celles d’animaux. Tout change, mais rien ne change, la société consumériste triomphe toujours et le supermarché sert de décor de fond pour planter l’intrigue totalement renversante de Thomas Gunzig.

Jeanjean, le personnage principal, mène une vie monotone et assez ennuyante d’employé de supermarché, sans ambition. Ce qui a le don d’énerver au plus haut point sa femme, qui a un quota de gênes de mamba vert dans le sang et qui, elle, est un pur produit calibré pour cet univers impitoyable, dirigé par l’appât du gain. Cette routine va basculer le jour où Jeanjean est mêlé à un complot visant à renvoyer l’une des caissières pas assez productive au goût de la hiérarchie. Il va accidentellement la tuer. Si seulement il avait su que cette dame avait quatre fils en pleine santé, dont les gênes de loup semblent être en majorité dans leur ADN. Des loups qui vont être prévenus par l’assistant primeur qui entretenait une relation avec elle. Des loups plus garous que Croc Blanc, qui vivent de crimes et de braquages. Dire que sa vie est en danger devient alors un euphémisme. Placé sous la protection de Blanche de Castille, une jeune et charmante enquêtrice, tout part à vau-l’eau quand les Loups font irruption en pleine nuit chez Jeanjean, qui s’enfuit à toutes jambes pendant que sa femme les combat. Ce n’est que le début des ennuis pour tous ces destins amenés à étrangement se croiser…

Ce roman qu’on pourrait dire d’anticipation est totalement inclassable à mon sens. Il brouille les repères, géographiques et temporelles, et a le don d’être clairvoyant sur la société actuelle, du moins celles des pays dits « développés ». Le portrait grinçant de l’état de notre monde est ici dressé tout en nous faisant rire, ce qui ne gâche rien. Je ne veux pas vous dévoiler trop de détails car le livre vaut vraiment le détour et vous aimerez autant que moi (du moins je l’espère) la tournure et les rebondissements qui rythment le livre à merveille.
Je fais tout de même un petit teasing : un énorme bravo pour le passage sur la création du monde, qui m’a scotché, et la fin absolument géniale et hilarante, pleine d’ironie et de cynisme.

Je ne connaissais pas Thomas Gunzig, écrivain belge francophone, c’est une belle découverte. L’auteur a une plume fluide, un style qui maintient l’attention et un humour qui me plaît beaucoup! Les personnages du livre sont assez caricaturaux, mais plausibles, et chacun d’entre eux voit sa personnalité et son caractère développés suffisamment pour avoir une vraie consistance, une vraie présence. Mille mercis à Babelio et aux éditions Au diable vauvert pour ce livre reçu dans le cadre de Masse Critique, que je recommande chaudement!

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