Ce livre a été une agréable surprise dans sa manière d’évoquer le thème du travail. Avec une plume mordante, qui vous surprend et vous emporte dans le récit, Akiko Itoyama nous emmène, au travers de deux nouvelles, dans la vie de deux femmes, l’une au chômage, l’autre venant de perdre un collègue, ami très proche. La première accepte une rencontre arrangée avec un portefeuille sur pattes qui ne pense et vit que pour son entreprise. Où rien ne va se passer comme prévu… La seconde est une employée persévérante, qui nous dévoile sa carrière et les difficultés rencontrées, le secret qui la lie à Futo, son collègue qui vient de mourir et pour qui elle doit accomplir une promesse qu’elle lui a tenu voilà des années.

En 2009, j’ai fini mon mémoire d’Histoire qui portait sur les conséquences de l’occupation américaine du Japon sur les femmes, analysé sous l’angle des études du Genre. J’avais pu dans ce cadre lire beaucoup de livres, de témoignages, de l’époque, mais aussi contemporains pour dresser des parallèles. La question du travail et des opportunités qui s’y présentaient pour les femmes japonaises revenait très souvent pour présenter un bilan toujours assez négatif. Même si la situation s’est améliorée.

Aussi, quand j’ai repéré ce livre dans la bibliothèque de mon centre de japonais, une vague de souvenirs m’a irrésistiblement guidée vers lui.

Dans ces histoires, c’est le cheminement personnel de ces femmes qui porte la narration. Le travail et sa perception sont relégués au second plan. Et pourtant, par leurs chagrins, leurs interrogations, leurs rires, elles dévoilent plus qu’elles ne peuvent en dire. C’est toute la réussite de ce livre, qui sans jamais dénoncer ni incriminer directement le monde du travail japonais, rigide et fermé au-delà d’un certain seuil aux femmes, nous emmène dans les pérégrinations de personnages très présents et qui pourtant s’évaporent dès que la page se tourne. Tout en laissant durablement une empreinte sur nous.

Ça se lit vite, et bien, on est surpris d’être déjà arrivé au bout. On aurait aimé partager plus de temps avec elles.

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