Marcus Goldman est un jeune écrivain qui a connu un grand succès avec son premier livre. Alors qu’il doit remettre dans quelques mois le manuscrit de son second roman à son éditeur, il fait face au phénomène de la page blanche. Désemparé, il décide d’appeler son professeur d’université, son mentor et ami, le grand Harry Québert, écrivain connu et reconnu, et de lui rendre visite dans sa maison de campagne, à Aurora, dans le New Hampshire. Ce qui ne fait pas revenir sa muse ni s’agiter sa plume.  Tout bascule quand Harry est accusé d’avoir tué Nola Kellergan en 1975, une jeune fille de 15 ans avec qui il aurait entretenu une relation cet été là, lui-même âgé de 34 ans. Marcus est persuadé de l’innocence de son ami et entend tout faire pour le prouver. Une enquête haletante commence alors, en même temps que le sablier avant la remise de son manuscrit se vide à une vitesse folle. Très vite désemparé par les événements, Marcus doit sauver Harry en même temps que sa propre carrière d’écrivain et … sa vie. En effet, il semblerait que quelqu’un n’apprécie pas du tout son envie de plonger dans le trouble passé d’Aurora.

Il y a des livres qu’on n’arrive pas à lâcher jusqu’à ce qu’on ait lu la dernière ligne de la dernière page. On s’y accroche comme un naufragé à une bouée de sauvetage, ça nous tient en haleine et l’idée même de devoir s’arrêter quelques minutes nous exaspère.

La vérité sur l’affaire Harry Québert fait partie de cette famille de livres.
Je pense avoir déjà évoqué mon intérêt mitigé pour les enquêtes et les romans policiers. Je suis novice et je n’ai pas lu les grands classiques du genre, je découvre depuis peu. Philip Roth, parmi d’autres, fait partie de ces auteurs que je ne connais que de nom. Pourtant, ces derniers temps je vais de bonne surprise en bonne surprise.

Je vais être honnête : avant de lire ce livre, j’ai entendu des opinions très variées et bien argumentées chacune à propos de ce livre. Je l’abordais donc avec une grande curiosité. Et j’ai personnellement adoré lire ces 670 pages, qui m’ont tenu en haleine avec les incessants rebondissements, coups de théâtre et les personnages dont on découvre peu à peu les caractères et leur complexité. C’est bien simple, je n’ai pas pu le lâcher une seule minute dans l’avion qui nous ramenait de Dubaï à Paris, alors qu’on avait déjà pas mal d’heures de vol au compteur (nous étions partis de Tokyo la veille).

J’ai aimé le style d’écriture, parce qu’il était simple, clair, sans encombrement, lourdeurs ou longueurs. L’intrigue, que j’ai trouvé extrêmement bien construite, surprenante jusqu’au bout. La capacité à emporter le lecteur, à partir d’une enquête policière, dans une réflexion sur le rôle de l’écrivain, de l’écriture, de l’éditeur (qui a bon dos je dois dire dans le livre, n’auriez-vous pas fait une catharsis, Monsieur Dicker ?). Mais aussi une réflexion sur l’Amérique profonde en 2008, qu’on veut volontiers et peut-être un peu exagérément montrer comme puritaine – dans sa vie quotidienne et son culte religieux. Il est vrai que le livre se centre essentiellement sur une petite ville de campagne avec çà et là de brèves apparitions de la jungle newyorkaise fun, cynique et libertaire, ce qui renforce d’autant plus les contrastes.

Il y a bien quelques petits points qui m’ont moins plu : des passages qui ne sont pas sans évoquer Lolita de Nabokov (« Nola chérie »), un aspect caricatural de certains personnages. Mais ces défauts n’empêchent pas le livre d’être excellent.

Je n’en dis pas plus, à vous de découvrir. Allez, une citation qui s’applique à mon sens à ce livre pour conclure : « Un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé ».

PS : pardon pour la couv, c’est celle que j’ai, et j’ai horreur de ces bandeaux !

Publicités