Dans un monde post-apocalyptique, la nation de Panem et ses 12 districts vivent sous le joug du Capitole. Tous les ans, pour rappeler son pouvoir sur la population, les Hunger Games ont lieu. Chaque district doit fournir deux tributs, un garçon et une fille âgés de 12 à 18 ans, choisis au hasard. Les 24 moissonnés devront s’entretuer sous l’oeil des caméras jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant. Katniss se porte volontaire quand sa petite soeur est désignée. Peeta, secrètement amoureux de Katniss, est également tiré au sort pour ce jeu cruel où la mort les attend à bras ouverts…

Avant tout, merci à S.L, also known as Ma Livriothèque (je lui fait un peu de pub, elle le mérite !), pour m’avoir prêté la trilogie des Hunger Games, que j’ai dévoré en une semaine, dans le métro, à la maison, dès que j’avais une minute de libre et je peux vous dire que je me suis débrouillée pour dégager autant de temps que possible, car cette trilogie est littéralement addictive, S.L. tu avais bien raison, c’est l’adjectif parfait pour la qualifier.

Pire que la fin d’une tablette de chocolat, pire que tout ce que vous voudrez, est la frustration de devoir poser définitivement un livre, que dis-je, une trilogie ! – à laquelle on s’attache autant, à des personnages qu’on apprend à connaître, à suivre, avec lesquels on a l’impression de partager l’aventure.

Alors, quel est le secret de l’auteur ? Le style est simple, tout comme le vocabulaire. Simple mais pas simplet. L’intrigue est vraiment bien construite et l’univers que l’auteur a crée a des fondations stables et très bien développées. Les personnages ont chacun une vraie personnalité. On voit qu’il y a eu une vraie recherche de sa part pour mettre en place tous les rouages de son récit. Le lecteur ne peut que se prendre au jeu.

Certes, on l’a beaucoup critiquée sur le fait que la trilogie rappelait à maints égards Battle Royale, roman japonais (que je n’ai pas lu), adapté en film (que j’ai vu et c’est plutôt rare que je fonctionne dans ce sens). Je préfère à maints égards Hunger Games, qui de par le cheminement d’une héroïne nous touche davantage. On suit les événements de son point de vue, son évolution personnelle, ce qui rend encore plus fortes et plus poignantes les perceptions. Car quel est le but premier de ce livre si ce n’est celui de dénoncer les dérives de la téléréalité du point de vue d’un de ses participants ?

Le livre ne se limite pas à cela et nous met en garde contre plusieurs dangers potentiels : en filigrane des Hunger Games, ce roman d’anticipation – qu’on espère ne jamais voir se réaliser – met en scène un monde dévasté en conséquence du manque de conscience écologique des hommes par le passé, un monde où la course à l’armement et à la terreur a mené à un chaos sans fin. Suzanne Collins décrit également un système dictatorial où une poignée d’individus, l’élite du Capitole, exploite les autres, profite des fruits de leur travail et vit dans la jouissance de voir des enfants s’assassiner depuis leur écran. Du dicton « Du pain et des jeux » de l’époque romaine, les hommes semblent ne pas avoir réussi à s’émanciper.

Un premier tome haletant où on a presque l’impression d’être nous aussi plongé dans l’arène avec les tributs. Et le génie de l’auteur réside aussi dans le fait qu’à peine le premier tome refermé, on ne peut que se précipiter sur la suite. Encore un excellent conseil de S.L. que je vous transmets à mon tour : ne commencez pas à lire le premier tome sans avoir à portée de main le deuxième. On vous aura prévenus.

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