Les Hunger Games ont rencontré un énorme succès grâce à Katniss et Peeta qui ont su s’attirer la sympathie des habitants du Capitole. Alors qu’ils doivent entamer leur Tournée de la Victoire dans tout Panem, Katniss est mise en garde. Celle qu’on surnomme désormais la « Fille du Feu » a mis ce dernier aux poudres des différents districts de par son comportement durant les Jeux. Le Président Snow lui donne un ultimatum : calmer les districts si elle veut éviter un bain de sang. A l’orée des Jeux de l’Expiation, une édition « spéciale » des Hunger Games qui a lieu tous les 25 ans, Katniss n’a jamais eu autant besoin d’être stratège si elle veut s’en sortir…

Chapeau bas à l’auteur, le deuxième volume est encore meilleur que le premier. L’intrigue et les personnages se densifient. La performance de Suzanne Collins tient notamment au fait qu’on a de plus en plus l’impression de devenir Katniss et d’être son champ de vision. Ce qui est d’autant plus intéressant et attise notre curiosité, car on n’en sait pas plus qu’elle et on se retrouve vraiment dans sa peau avec ses angoisses, ses réflexions et ses doutes. Dans ce tome,  Katniss est peu à peu piégée dans ce rôle non anticipé – et non souhaité – de leader d’une révolte générale en marche. Les Jeux ont achevé de tuer ce qui restait de l’adolescente déjà soumise à de rudes épreuves auparavant. Désormais, elle sait que les fils solides qui tiennent l’ensemble des districts d’une main de fer se nouent et se dénouent en fonction de ses actes. Une tension constante tout au long du livre nous tient en haleine et nous fait incarner, sans que l’on s’en rende même compte, les émotions de l’héroïne, mais aussi ressentir celle des différentes personnes qu’elle côtoie.

Le tome 2 est celui où les événements à Panem prennent une tournure inattendue pour chacune des parties prenantes, avec à chaque fois des rebondissements qui viennent enrichir l’intrigue et rendent les relations entre les personnages encore plus complexes, plus riches. C’est aussi dans  ce tome que l’auteur nous plonge plus profondément dans la vie du Capitole et celles des autres districts.

On en découvre davantage sur les habitants, leurs habitudes de vie, coutumes et pour le Capitole, leurs amusements, le seul lieu où ce mot a encore un sens. Les perceptions vécues depuis le regard de Katniss sont d’autant plus subjectives, ce qui les rend encore plus fortes en contrastes et en comparaisons par rapport à tout ce qu’elle rencontre. La vie du Capitole apparaît encore plus écœurante de par son luxe exacerbé, l’insouciance de son élite, surtout par rapport à la vie qu’a connu Katniss jusque là. L’auteur établit une métaphore avec notre monde où un infini pourcentage se gave quand tant manque de tout. Mais son tour de force réside dans le fait que si les habitants des districts ont toutes les raisons de détester tout ce que représente le Capitole et sa population, Katniss, en les côtoyant, prend du recul et comprend qu’eux-mêmes sont conditionnés dans un système où ils n’ont connu qu’une manière de vivre : dans l’opulence, sans réelle conscience des souffrances des autres, ignorants et même disons le mot, vraiment limités pour la plupart. Ses préparateurs se sont attachés à elle et elle se rend compte qu’en dépit de tout, ce sont des êtres malheureux à leur manière, soumis à un dictature guidant jusqu’à leur apparence physique. Il est vrai qu’au Capitole, on s’implante des moustaches de chats, on fait changer sa couleur de peau au gré des modes imposées etc. etc. Là aussi l’auteur fait passer un message fort à sa cible : ne vous laissez pas dicter vos choix, ne soyez pas un mouton de Panurge. 

Encore une fois, l’auteur nous sensibilise sans tomber dans la moralisation. Elle nous appelle à réfléchir et à nous rendre compte que le mal ne se situe pas seulement là où on le croit. C’est d’ailleurs le meilleur conseil qu’Haymitch, le mentor de Katniss et Peeta, prodigue à la Fille du Feu : « N’oublie pas qui est l’ennemi ».

C’est encore un tome qui s’achève en nous coupant la respiration et qui rend encore plus intolérable l’idée même de devoir attendre pour passer au dernier volume de la trilogie, qui canalise en lui nos espoirs, notre curiosité, notre frénésie de lecteur.

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