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Les Jeux de l’Expiation ne se sont pas du tout déroulés comme prévu. Depuis la ville souterraine du district 13, Katniss, la Fille du Feu, doit devenir le Geai Moqueur, symbole de la rébellion pour renverser le Capitole.  Mais en surface, dans les autres districts, les habitants se font massacrer, on ne sait pas si Peeta a été assassiné, s’il est torturé ou bien passé dans le camp du Capitole. De quoi faire perdre à Katniss son sang-froid. Tiraillée de toute part, en proie à des sentiments confus, elle est au coeur d’une propagande qui fuse des deux côtés et le président Snow est bien décidé à faire payer ses affronts incalculables. Nous ne sommes désormais plus dans une arène de jeu, la guerre est réellement enclenchée…

Vous dire que j’ai encore plus dévoré ce tome que les deux précédents serait un euphémisme. Je suis devenue épidermique à l’idée qu’on m’interrompe dans ma lecture. On atteint dans le dernier tome de cette époustouflante trilogie un summum d’angoisse, de cristallisation de nos attentes, une volonté d’avancer dans notre lecture en même temps qu’une grande tristesse à l’idée qu’on s’approche de la fin, et pourvu qu’elle soit comme on le souhaite ! (La dernière fois que j’ai ressenti un sentiment aussi fort dans la lecture d’un roman en plusieurs tomes, c’était pour Harry Potter, et j’ai adoré retrouver cela. Merci à ces auteurs capables de nous faire vivre autant d’émotions depuis notre canapé).

Ma chère S.L. je me suis permise de lire ton avis avant d’écrire le mien et ça m’a rassuré : tu as l’air d’avoir ressenti exactement la même chose que moi. Je ne suis pas une lectrice folle.

L’atmosphère est beaucoup plus sombre, plus violente, plus pesante. Elle est réaliste. Le style de l’auteur nous permet de nous immerger dans ce contexte de vie souterraine, de combats, d’angoisse et de perte de repères. On suit Katniss et on a envie d’agir à sa place, on a l’impression de tendre l’arc avec elle, on a envie d’hurler avec elle et on espère, on a envie de lui donner du courage. Vous en connaissez beaucoup des livres qui réussissent à autant impliquer le lecteur ? 

Tout se joue pour l’avenir de Panem et Katniss a de nombreux choix à faire. Celle qui porte sur ses épaules le poids de la Révolte doit en même temps protéger sa famille, ceux qu’elle aime, démêler ses sentiments entre Peeta et Gale, mais aussi ne pas se laisser manipuler par ceux qui n’ont pas que de nobles buts. Encore une fois, l’enfer est pavé de bonnes intentions et elle doit faire attention à ne pas trébucher. Jusqu’à la fin, on se sait pas ce qui va se passer et ce qui apparaît comme une évidence la page d’avant s’effondre avec de nouveaux rebondissements à celle d’après. Et oui, Suzanne Collins ne nous facilite pas la lecture, elle ne se contente pas d’une intrigue simple où tous les gentils gagnent et tous les méchants perdent. C’est plus compliqué que cela, comme dans toutes les guerres.

Alors par moments, on lui en veut presque : pourquoi telle chose arrive, était-ce nécessaire? Et on se rend compte que c’est aussi toute la force de ce livre. Suzanne Collins reste maître de son récit et retient notre attention jusqu’au bout. La fin même laisse des portes ouvertes à l’imagination du lecteur. Elle laisse des cicatrices sur ses personnages, mais aussi sur nous en quelque sorte. Car ce livre est envoûtant, obsédant. Quinze jours après l’avoir intégralement terminé, il me repasse en tête et des bouts de texte me reviennent.

Suzanne Collins fait appel, au travers de cette fiction, à chacun de nous, pour garder en éveil notre conscience, individuelle et collective. Comme Plutarch le dit à Katniss : « […] la mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d’un immense talent d’autodestruction ».

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