Ledébutdelafin-LabiblideMomiji

14 ans se sont écoulés depuis que Thursday Next a réussi à notamment ramener Hamlet dans sa pièce sans qu’Ophélie y sème la pagaille (pour plus d’infos, voir Sauvez Hamlet). Elle avait promis à Landen, son mari, qu’après tout ça, elle quitterait les OpSpec et son job de détective littéraire. Aujourd’hui, elle dirige officiellement une entreprise de moquette…En réalité, elle n’a jamais autant été dans la fiction, je veux dire, dans l’action. Face à un Excédent de Bêtise qui chaque jour fait diminuer le nombre de lecteurs et la Fin des Temps qui menace à nouveau, Thursday ne panique pas, même avec trois enfants à gérer… Mais qu’on lui colle son alter ego en stagiaire et que son mignon fils Friday, destiné à sauver 756 fois la planète dans le futur, soit devenu un ado insupportable qui refuse d’intégrer la ChronoGarde, ça lui joue sérieusement sur les nerfs. Alors quand le Conseil des Genres tente de mettre en place le livre interactif pour que les lecteurs suppriment des passages de livres, Thursday voit rouge. Encore une fois, il va falloir qu’elle se retrousse les manches si on veut espérer que le Présent ne soit pas détruit par le Futur…

Thursday Next is back !!! Et elle a beau avoir pris 14 ans depuis le dernier tome, elle a une pêche que je souhaite à tous les cinquantenaire ! Bon, c’est vrai, se transporter de la réalité à la fiction la déshydrate de plus en plus, mais j’aimerais vous y voir à sa place !

Différent des tomes précédents, avec beaucoup plus de place accordé aux thèmes de notre monde actuel (télé-réalité, baisse de la lecture…), Jasper Fforde réussit à nous surprendre encore et toujours avec une Thursday qui nous emmène dans un tourbillon bien ficelé d’activités et de préoccupations familiales. La vie à Swindon a changé, mais on retrouve nos personnages et une intrigue bien tordue comme on les aime dans cette série. Les aventures de Thursday Next, on accroche ou on déteste car une fois à bord, il faut tenir le cap !

Personnellement, cet univers loufoque avec ses paradoxes temporels et ses plongées dans le Monde des Livres, j’adore ! Comme ces prédécesseurs, ce tome se lit à vitesse intergalactique, avec ses rebondissements et ses apartés, ses jeux avec le livre qui sont assez uniques et contribuent à nous faire entrer dans l’ambiance. Cette fiction est malheureusement (trop) en accord avec notre actualité et l’expression « Excédent de Bêtise » est loin de n’être qu’une expression et la baisse de la lecture un produit de l’imagination de l’auteur… Ses métaphores sont d’ailleurs très claires et permettent, au moins le temps d’un livre, d’en rire. Car l’humour est une composante clé de cette série qui fonctionne toujours autant et qui se renouvelle (fait assez rare pour être souligné !).

Je dois également dire que la traduction du titre est très, très appropriée. Ce filou d’auteur termine ce tome en nous laissant sur notre faim et… je n’ai pas la suite à dévorer immédiatement… Du calme, c’est bientôt Noël. Avec un peu de chance, Thursday aura réussi à faire passer une loi rétroactive pour que les livres se multiplient instantanément sous notre sapin…

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