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Nadège Fougeras est partie vivre en famille trois ans à Tokyo suite à la mutation de son mari. Tout au long de son séjour, Nadège envoie ses impressions et photos par mail à une liste de contacts qui ne cesse de s’allonger. En rentrant, elle se dit qu’il faut faire quelque chose de tout ça. Et qu’en même temps, ce serait sympa de recueillir les témoignages de Japonaises de Paris pour voir ce que ça donne de l’autre côté du miroir. Elle compile les confidences d’une vingtaine de personnes en créant le personnage de Tomoko. De tout ce contenu émerge un livre numérique, puis une applivre au sein des Editions Merveilleuses (qu’elle a lancées). Enfin, elle le fait éditer en papier au sein d’Hachette. Vous ne pourrez pas dire qu’il n’y en pas pour tous les goûts !

Ce livre m’a été prêté par Valérie, une fille qui suit les mêmes cours de japonais que moi. Et qui a donc aussi un intérêt prononcé pour ce pays. Depuis mon retour du Japon en novembre, je crois que ça se voit que j’ai des pétillements dans les yeux quand je parle de mon voyage, de mon envie d’y retourner le plus tôt possible…Alors quand un samedi elle m’a parlé d’une Française qui était partie vivre à Tokyo (la chanceuse me suis-je dit !) et qui en avait fait un livre, j’ai acquiescé avant même qu’elle ait fini de me proposer de me le passer.

Et j’ai adoré. Je l’ai lu d’une traite en une soirée et qu’est-ce que j’étais en accord avec l’auteur. J’ai eu l’impression de replonger dans mon voyage adoré…Ce qui a eu pour effet de me plonger paradoxalement dans une humeur assez maussade les jours suivants. Paris me semblait sale, morne et ses habitants désagréables. Mais ce mouvement d’humeur m’est vite passé. Paris reste tout de même très chouette et je l’aime. Mais revenons-en au livre : des photos amusantes, des thématiques originales, des angles d’approche hyper marrants et qui m’en ont fait apprendre beaucoup sur le pays, un style léger et accrocheur, tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un excellent moment de lecture.

Ce dont j’avais fort besoin après La fin de l’Homme Rouge qui était quand même super triste !

Non seulement ça m’a conforté dans ma vision des japonais : ponctuels, organisés, serviables, gentils, propres, civilisés, originaux à bien des égards, travailleurs, trop même (je m’arrête ? Oui, oui je sais, ils ne peuvent pas avoir que des qualités, mais c’est mon blog, je mets ce que je veux en avant d’abord). Mais ça m’a aussi fait découvrir certains aspects de la ville que je ne connaissais pas (en même temps, j’y suis restée 3 semaines en crapahutant à travers le pays, je ne peux pas soutenir la comparaison avec l’auteur).

J’ai bien rigolé lors de certains chapitres, comme celui des fautes d’orthographes sur les mots français – tellement vrai et tellement drôle parfois – les habitudes qu’on adopte en un rien de temps, le côté bisounours avec les musiques et les dessins explicatifs (pour traverser, signaler des travaux…) partout. J’ai retrouvé le même sentiment que j’ai pu ressentir de respect pour la nature, de célébration des saisons.

Idem, la vision de Tomoko m’a rappelée beaucoup de souvenirs et de conversations au sein de mon centre de japonais avec des expat’, qui sont en résonance avec ce que l’auteur décrit : notre capacité à jeter des déchets partout dans une ville magnifique qui méritent mieux que les cochons qui y vivent sans en prendre soin, notre énervement latent (surtout en voiture), mais aussi notre nourriture délicieuse, nos soirées à rallonge, notre humour. Et une fois les clichés effondrés, la dure réalité : pas de café croissant tous les matins, toutes les Parisiennes n’ont pas un sac Vuitton…

Le petit plus qui est à retenir ? Une somme de produits japonais à importer en France que Tomoko nous donne afin d’inspirer les entrepreneurs : parmi eux, un que j’avais trouvé assez ingénieux, le siège bébé accroché au mur dans les toilettes pour Mamans (ça pourra me servir un jour).

Et enfin, parce que ça parle à la chef de projet éditorial que je suis, une mise en page dynamique, colorée et bien aérée qui est confortable pour les yeux et qui retient toute l’attention.

Bref, ce livre a tout pour séduire aussi bien les curieux et amoureux du Japon que toutes celles et ceux qui auront envie de partager le journal de voyage d’une expatriée !

Merci Nadège, merci Hachette et vive le Japon !

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