vieux, râleur et suicidaire, la vie selon Ove-labiblidemomiji

Depuis la mort de sa femme Sonja, Ove, connu dans tout son lotissement pour être plus intéressé par la surveillance du quartier que par la convivialité entre voisins, n’a pas le moral. Quand il est mis à la pré-retraite, c’est le coup de massue final qui le pousse à envisager le suicide. Il va désormais être animé par un seul objectif : quitter ce monde « dont il ne comprenait plus la langue ». Mais c’est sans compter sur Parvaneh, sa nouvelle voisine, et un chat, qui sans le savoir vont à chaque fois perturber ses plans, pousser le râleur à les aider et à retrouver une certaine joie de vivre…Non sans se prendre quelques coups de griffe au passage !

3 raisons vous lesquelles je vous recommande de vous plonger dans cette lecture :

1. Ca fait vraiment du bien. Une lecture qui nous fait rire, qui nous émeut parfois, une lecture qui est teintée d’espoir, qui nous rappelle qu’en regardant bien autour de nous, il y a toujours une nouvelle porte qui s’ouvre quand une autre se ferme.

2. Il y a un chat, qui pour le coup est exceptionnel (vous ne connaissez pas encore ma passion pour ces félins ? Allez voir ici, , ou encore là-bas, sans oublier celui-ci). 

3. Ce livre développera votre compréhension et votre compassion avec vos voisins et les personnes plus ou moins âgées (ou pas).

La première impression que j’ai eue en parcourant ce livre est qu’il me faisait penser à un autre que j’avais adoré : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Ce dernier se passe aussi en Suède, mais cette fois Ove est une personne pas si âgée que ça, au caractère bien trempé également. C’est essentiellement l’utilisation d’un style assez proche qui m’a marquée. On retrouve au niveau de la narration un principe assez identique qui nous fait passer un chapitre sur deux dans le passé du personnage principal et nous permet de le décrypter davantage au fur et à mesure qu’on avance dans le récit. L’humour est assez similaire : ironique par moments, désopilant à d’autres. Et surtout, de la même manière, on s’attache à ce papy, qui, derrière les ondes grincheuses qu’il dégage, a un grand cœur une fois qu’on apprend à le connaître.

On est mis très vite dans l’ambiance, ça démarre fort : dès les premières pages, on fait face à un Ove plus que remonté contre un vendeur qui essaie de lui refourguer un Ipad. On sait dans quelle lecture on s’engage.

Ove, c’est le voisin, le grand-père, l’inconnu qu’on a tous croisé au moins une fois dans notre vie et qui derrière ses airs bourrus cache une grande générosité, même s’il ne l’admettra jamais. Avec son visage fermé, sa mauvaise foi, ses coups de gueule contre ces imbéciles qui achètent des voitures étrangères, contre la bécasse qui laisser sa « serpillère sur pattes » se soulager sur son jardin, on rit et on lui découvre des facettes bien cachées qui donnent du pep’s à ce récit aux multiples rebondissements. Tous ceux qui gravitent autour de lui l’empêchent non seulement de rejoindre Sonja, mais l’obligent à leur porter secours, à faire marcher son imagination pour déjouer les complots de l’administration, à jouer au baby-sitter et au héros… La goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase ? On lui refile dans les pattes un chat qui doit en être à sa huitième vie. Un chat qui a au moins autant de personnalité que lui, qui est au moins aussi buté et indépendant. Autant vous dire qu’ils vont devoir mutuellement s’apprivoiser, pour le meilleur et pour le pire.

Ove porte un regard sans concession sur le microcosme que représente son lotissement. Il dresse un portrait bien tranché et très drôle de cette société qui a perdu le bon sens, où l’on vous propose d’acheter des ordinateurs sans clavier, à un prix exorbitant, où des consultants en informatique à chemises blanches ne sont pas fichus de monter sur une échelle sans se casser la jambe, où un obèse vous explique qu’il développe des applications mobiles, ce qui pour Ove n’est qu’une manière de dire qu’il ne fiche rien de ses journées. Il ne sait peut-être pas vraiment ce qu’est « Inter-né » mais lui au moins, il sait réparer un moteur de voiture et ne s’en laisse pas conter par ce « faux policier » qui veut lui faire payer le parking à l’hôpital. (Mal)heureusement pour lui, Parvaneh a bien cerné le personnage. Avec tendresse et parfois autorité, elle et ses deux filles vont le faire sortir de sa grotte pour lui prouver que dehors il y a de la lumière. Au final, on chemine tant pour avancer dans le récit que pour voir l’évolution d’Ove, la tribu toujours plus large qu’il va fédérer autour de lui.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette lecture, c’est tout l’enthousiasme et la joie de vivre, l’optimisme qui forgent la trame du récit et nous inspirent. En abordant des thèmes lourds (la dépression, le handicap…), l’auteur réussit à faire passer un message d’espoir : apprendre à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, à regarder le futur comme un horizon d’opportunités plutôt que le passé comme un idéal disparu.

Dernier point, petit détail qui a son importance : bravo pour la couverture qui est hilarante et donne le ton !

Je ne vous en dis pas plus, vous l’aurez compris, Fredrik Backman signe ici un roman qui se veut résolument positif et nous permet d’aller jusqu’à se dire que des râleurs comme Ove, on en veut bien !
Merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité pour ce chouette partenariat !

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