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Depuis la mort brutale de son mari et de son fils, Jenny n’a plus goût à la vie. Ni Diane, sa meilleure amie, ni même la peinture ne redonnent espoir à cette jeune artiste. Lorsque son notaire lui remet les clés d’une propriété dans l’outback, que son défunt époux avait prévu de lui offrir le jour de ses 25 ans, elle voit s’ouvrir un nouvel horizon. Churinga semble plein de promesses pour cette habitante de Sydney, elle-même élevée dans un orphelinat de cette région. Mais quand elle y découvre les journaux intimes de Mathilda, ancienne maîtresse des lieux, elle comprend vite que la propriété recèle une sombre histoire…

Ce livre m’a été prêté par Lili, une collègue, et je l’en remercie ! J’ai passé il y a quelques années deux mois à sillonner toute la côté est de l’Australie avec mon amoureux et faute de temps, je n’avais pas pu me rendre dans le coeur de ce pays si fascinant. Ce livre lui rend réellement hommage. Et me donne envie de vite repartir en road trip au pays des kangourous !

Les descriptions de l’environnement, sa dureté, sa sécheresse mais aussi ses grands espaces, la diversité de sa faune et flore, ainsi que les secrets qu’il recèle sont ici mis en avant avec réalisme. On a l’impression de sentir la chaleur, l’aridité, de percevoir la luminosité d’un soleil brûlant la peau, l’électricité statique des orages, de ressentir l’isolement et la propension de l’ouïe à se développer dans ce silence qui entoure Churinga. Sans emportement, ni dénigrement aucun, l’auteur nous livre une vision du bush australien digne d’un reportage sur Arte.

Bon, par contre, j’ai un avis mitigé sur l’intrigue. Je ne spoilerai pas en vous dévoilant les mésaventures de Mathilda et Jenny mais par moments, on se dit que ça fait beaucoup de vécu pour une seule personne. Et surtout, mais ça c’est très subjectif  (parce que je connais cette pièce de théâtre et que je l’ai joué), un moment fort du livre a un air de famille avec Incendies de Wajdi Mouawad. Mais ce dernier réussit à maintenir le suspens jusqu’au bout, et nous assomme une fois que le couperet tombe tandis que Tamara McKinley échoue à le faire. C’est peut-être ici le reproche principal que je ferais à ce roman : hormis un ou deux rebondissements le temps d’une page, on devine assez facilement tout au long de l’intrigue ce qui va advenir. L’auteur n’exploite pas assez la densité de la trame qu’elle a mis en place et s’enfonce parfois dans un style trop « Harlequin » quand elle décrit les personnages et les émotions qui les habitent. Néanmoins, les voyages dans le temps permis par la lecture des journaux intimes de Mathilda instaurent une dynamique qui maintient notre attention et donne envie d’avancer dans le récit.

Au final, ça reste une lecture sympathique que je vous conseille si vous voulez voyager au coeur de terres sauvages australiennes.

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