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Sous le règne de Louis VI le Gros, au XIIè siècle, Thibault de Sauvigny, jeune et brave chevalier, délivre une magicienne d’un maléfice et se retrouve en possession d’une pierre magique qui guérit ses blessures mais est néfaste pour quiconque d’autre la touche. Issu d’une famille noble mais pauvre, il est amoureux de la fille du Comte de Blois, Eléonore. Mais le fourbe et déloyal Foulque de Montcornet, fils de son seigneur, l’est également et décide de lui mener la vie dure. Tout comme Rosamonde, la soeur d’Eleonore, qui n’arrive pas à le charmer. Elle découvre le secret de la pierre et l’appose sur le front de la jeune fille. Thibault va avoir très peu de temps pour la sauver et beaucoup d’épreuves à endurer…

J’ai déjà pu vous dire à quel point Odile Weulersse avait conquis mon coeur d’enfant, passionnée par l’Histoire, lorsque j’ai parlé du Messager d’Athènes. Devenue une jeune adulte, je retrouve cette atmosphère que j’avais tant chérie dans ce livre. L’auteur a un don incontestable pour nous transporter à une époque et nous immerger dans son ambiance. Ici, au Moyen-Âge, dans ce siècle de la féodalité, de la chevalerie, où la prospérité et le renouveau culturel en font, à mon sens, l’un des siècles de cette période les plus intéressants à étudier.

Le talent remarquable d’Odile Weulersse réside en sa capacité à nous faire découvrir la vie quotidienne de différentes classes sociales de l’époque, au travers d’une intrigue intéressante, dynamique, qui retient notre attention jusqu’au bout. Avec une écriture concise mais généreuse en même temps, tous les pans de la société sont décrits, sans jamais nous noyer sous une masse de détails dont on ne retiendrait rien.
Au contraire, avec simplicité et efficacité, on apprend le déroulé d’une cérémonie d’adoubement, les relations seigneur-vassal, l’organisation de la vie religieuse, les horaires de prière du clergé… On s’imprègne également des us et coutumes de ce siècle, qu’il s’agisse des vêtements que l’on portait, de ce qu’on mangeait, de ce qu’on récoltait, de la vie des châteaux, de leur défense, les tournois et j’en passe. Une carte en deuxième de couverture permet de bien  comprendre comment sont composés les territoires, bien loin des frontières de notre métropole aujourd’hui. Des illustrations viennent accompagner le récit et soutiennent le propos, notamment quand il s’agit de se représenter l’accoutrement d’un chevalier.

Par ailleurs, l’auteur permet une certaine compréhension des moeurs de ce siècle, ce qui à mon sens est très précieux : amour courtois, troubadours et ménestrels, l’ost, la peur du Diable, des sorciers, sens exacerbé de l’honneur (ou pas) entre autres… Et au-delà de cette approche des moeurs sont abordés intelligemment les grands rouages qui composent l’Histoire de cette époque : croisades en Terre Sainte,  rôle de Paris, intérêt pour les grands marchés et foires qui apportent des saveurs, tissus et odeurs exotiques, etc. Enfin, le vocabulaire du Moyen-Âge est présent et expliqué quand cela est nécessaire, ce qui est très appréciable non seulement pour vivre le récit, mais aussi pour en ressortir enrichi !

Vous l’aurez compris, Odile Weulersse valorise ici une période historique qui est souvent teintée d’une auréole sombre et qui pourtant mérite largement d’être connue et appréciée à bien des égards. Abordable dès l’âge de 9 ans, l’ouvrage joint l’utile à l’agréable. Il saura ravir les plus jeunes et rafraîchir votre mémoire si vous ne distinguez plus le heaume du haubert !

 

 

 

 

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