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Takeshi Kitano, c’est le grand réalisateur, l’acteur de cinéma, l’artiste-peintre, l’humoriste. Mais c’est aussi un écrivain. Et quand il nous raconte ses souvenirs d’enfance dans le Japon d’après-guerre, il le fait avec sincérité en peignant son portrait de famille avec toutes les couleurs de la vie…

A cœur ouvert, Takeshi Kitano livre ce qu’il a gardé en mémoire de ses années en culottes courtes : la pauvreté du fils d’artisan méprisé par beaucoup de ses camarades, l’alcoolisme d’un père qui frappe faute de trouver les mots pour s’exprimer, l’espoir d’une mère qui veut le faire étudier quand lui aurait voulu éternellement jouer. Les joies de la cour de récréation, des après-midi avec les copains, les peines, les jalousies, l’imagination débordante des enfants qui avec une toupie, deux branches et trois brins d’herbe savaient s’occuper toute une journée.

Comme le titre l’explique, sa vie n’est vraiment pas toute rose, mais elle n’est pas non plus toute grise. C’est peut-être le propre de ses années innocentes d’oublier rapidement les malheurs pour passer à autre chose, même si ces souvenirs resurgissent avec beaucoup de violence bien plus tard. Gris et rose, c’est tout de même une palette des tonalités de la vie intrigante…Sachez qu’il s’agit des couleurs avec lesquelles son paternel peignait les maisons de ses clients, au gré de la disponibilité. Mais je n’en dévoile pas plus, l’histoire vaut le coup d’être lue !

Beaucoup de douceur, d’émotions se dégagent des mots employés par Takeshi Kitano. A aucun moment, il ne juge la vie qui a été la sienne, le contexte dans lequel il a grandi. Sans amertume, il en parle avec simplicité et s’adresse directement au lecteur, si bien qu’il crée une intimité touchante avec nous. L’enfance détermine beaucoup notre sensibilité d’adulte selon l’auteur. La sienne explique au moins autant son talent que sa créativité, l’attachement au détail et la présence à l’autre qui se dégagent de lui.

La vie en gris et rose est un petit livre qui nous ouvre une porte sur la connaissance de l’auteur. J’aime beaucoup ses films, il m’a souvent fait rire, notamment dans Kikujiro no Natsu et c’est un plaisir d’en apprendre plus sur lui. C’est une promenade bien agréable en sa compagnie, où la présence de dessins enfantins vient prolonger la résonance de l’histoire racontée,  tout en en disant long sur les enfances japonaises de l’époque.

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