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Wilt, avoir un jour une existence calme ? Impossible, même quand il essaie. Alors qu’il tente en vain de gérer ses collègues du département des Humanités dans son lycée technique, il se trouve pris en étau entre une enquête sur la mort par overdose d’une élève du Tech et une accusation d’espionnage soviétique par la base américaine où il donne des cours particuliers. Bien sûr, sa femme Eva met son nez dans ses affaires, ce qui va parachever un cocktail Molotov comme on n’en avait jamais vu dans le coin. Non, Wilt ferait mieux de renoncer : quand il ne cherche pas les ennuis, ils viennent toujours à lui…

Déjà le troisième volume de la série des Wilt que je lis (si vous avez manqué les deux premiers épisodes, pas de panique, vous pouvez accéder au résumé de Wilt 1 et Wilt 2) et c’est toujours un grand moment de rigolade !

Les personnages évoluent et se bonifient. Eva a toujours envie de bien faire, mais son envie est proportionnelle aux catastrophes qu’elle provoque. Wilt a enfin acquis une position élevée dans la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire : entre des professeurs dépressifs et désabusés, des hystériques ou ceux qui tentent des méthodes d’enseignement aussi originales que sans effet, il n’a pas une seconde pour souffler. Et s’il trouve décidément toujours le moyen de se retrouver au cœur d’événements qui lui échappent, il semble bien qu’il ait accepté cette fatalité et qu’il soit aguerri à se défendre en toute situation.
Home, sweet home ? Nooon, voyons, pas chez les Wilt. Les quadruplées ont décidé de multiplier les bêtises, les cris et les questions au carré en grandissant, ce qui ne contribue pas à apaiser son stress. Un criminel à qui il donne des cours particuliers en prison menace de le tuer s’il ne fait pas ce qu’il lui demande ? C’est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase et le rendre parano, lui faire faire les choses les plus irrationnelles, au point qu’il va sérieusement éveiller les soupçons de la police et des officiers de la base américaine, qui vont le mettre sur écoute, le suivre et penser à le liquider. Le problème, c’est qu’ils ne savent pas qu’avoir à faire à Henry Wilt, c’est immédiatement se mettre Eva dans les pattes, Eva plus à même de déclencher la prochaine guerre nucléaire que n’importe quelle crise de Cuba. Et qu’elle pourrait rabattre le caquet de Nixon comme de Brejnev. Énervante, pour sûr, elle l’est. Mais en même temps, on s’attache vraiment à ce personnage comique malgré elle, qui par ses actions rocambolesques m’a fait pleurer de rire.

Bref, une fois de plus, j’ai été happée par le tourbillon de la famille Wilt qui vous embarque pour une tornade de rire, de situations toutes plus improbables les unes que les autres. J’ai savouré avec autant de plaisir la plume mordante de Tom Sharpe qui sous couvert de fiction dresse un portrait ironique et même cynique des forces de l’ordre, des militaires, des conservateurs et surtout des services de contre-espionnage. Les sujets de Sa Majesté en prennent pour leur grade, le tout avec un humour féroce, tantôt cru, tantôt subtil et bien tourné ! C’est rock’n’roll british et autant vous dire que ça swingue.
Les volumes 4 et 5 m’attendent mais je vais faire une pause avant de les entamer et je ne sais pas encore si je les chroniquerais. Au bout de trois volumes, j’espère vous avoir convaincu que la série vaut le coup et je voudrais éviter l’effet de répétition qui pourrait se produire à écrire sur tous les tomes.

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