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Quand Eva annonce à Henry qu’ils vont passer l’été aux Etats-Unis chez son oncle Wally, il voit rouge. Hors de question d’aller chez ce vieux schnock raciste, anticommuniste primaire et fasciné par les armes. Comment faire pour éviter ces vacances cauchemars ? En s’inventant la préparation d’un cours sur le marxisme pour la rentrée pardi. Il n’aurait pas pu mieux trouver pour qu’Eva l’encourage à rester en Angleterre. A lui les balades dans la campagne anglaise, sans carte, sans but, juste la liberté et le calme. Ce qui arriverait si la guigne n’était pas toujours de son côté. Et bien évidemment, sa femme et ses quadruplées destructrices vont se retrouver au cœur d’une enquête sur un trafic de drogue. La famille WIlt n’a jamais le temps de s’ennuyer, même en vacances…

D’accord, j’avais dit qu’après le Wilt 3, je ne parlerais plus de la saga. Mais j’ai finalement lu les deux derniers d’un coup même pas une journée de week-end et je me suis dit que ça serait dommage de ne pas leur consacrer une petite chronique!

En faisant sortir les Wilt de leur quotidien (attention, je n’ai pas dit vie routinière, ce serait un mensonge éhonté et antinomique avec les Wilt !) pour partir avec eux en vacances, Tom Sharpe décide de nous prouver une fois de plus à quel point cette famille est atypique et sème le désordre partout où elle passe, sans le vouloir. Enfin, concernant mari et femme, c’est vrai. Mais les quadruplées ont grandi et sont devenues des vraies pestes détestables. Autant elles m’avaient fait rire dans les deux tomes précédents, mais dans celui-ci, elles se sont attirées mon antipathie. Véritablement méchantes, leur capacité à nuire est impressionnante. Quand elles ont la bonne idée d’enregistrer une dispute de l’oncle Wally et de sa femme au sujet de leurs rapports sexuels, puis de l’enregistrer sur cassette et de le diffuser via les hauts parleurs de la résidence de campagne pour que tous les voisins entendent leur vie intime, on mesure leur vice et la rapidité de leur expulsion par leurs hôtes.

Mais surtout, l’auteur prend encore une fois le prétexte de ce tome pour écorcher la société et s’en prendre cette fois à l’Amérique, pour dénoncer son racisme, l’hypocrisie de son puritanisme, son capitalisme exacerbé, la notion de toute puissance militaire que certains habitants ressent(ai)ent et en même temps sa mentalité entrepreneuriale. Critiques donc mais aussi ironie quant à la vision d’Eva, symbole d’une génération, qui voit en ce pays l’incarnation d’un paradis rêvé. A la recherche cette fois d’un paradis perdu, Henry Wilt va aller de déconfitures en mésaventures dans ses escapades anglaises qui l’embarquent dans l’affaire d’un incendie criminel triplé d’un meurtre, d’un notable pédophile et d’une amante dégénérée et manipulatrice. A cela, rajoutons un séjour à l’hôpital où il passe de la gériatrie à la psychiatrie, avec un gros trou de mémoire, avec une Eva hystérique, que les autorités américaines auraient aimé inculper pour trafic de stupéfiants. Et l’inspecteur Flint est encore une fois mêlé à l’histoire, persuadé de pouvoir enfin le coincer…Tom Sharpe a un regard cynique sur les espérances que les vacances procurent et la réalité de certaines d’entre elles.

Bref, une cascade de rires, de situations rocambolesques, une satire sociale délicieuse et une plume affûtée qui vous font passer un bon moment de lecture avec cette famille qu’on préfère avoir en livres qu’en voisins.

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