Haïkus des quatre saisons Estampes d'Hokusai-labiblidemomiji

Printemps, été, automne et hiver : cycles éternels de naissance, d’épanouissement et de repos de la Nature majestueuse, qui inlassablement nous offre sa beauté et nous surprend tout au long de l’année par sa prodigieuse capacité à se renouveler. En associant la plume de grands compositeurs de haïkus aux estampes du maître Hokusai, cet ouvrage nous embarque dans un voyage mettant à l’honneur le raffinement, le sens du détail et l’amour des Japonais pour les saisons. Une ode gracieuse à la vie…

Cela fait maintenant plusieurs années que j’ai le bonheur d’avoir dans ma bibliothèque ce très beau petit livre, offert par des amies, et je le parcours régulièrement, une page par ci, une page par là, où me plonge parfois dans sa lecture complète, car il se lit très rapidement et m’apporte à chaque fois un grand calme intérieur.
Divisé en quatre chapitres, un pour chaque saison, chaque double page s’ouvre sur un haïku, marié à une peinture qui entre en résonance avec lui, créant une composition harmonieuse où l’on prend plaisir à s’arrêter, tant pour savourer la fragrance des mots que les traits délicats des estampes. On pénètre dès lors dans un autre monde, dans un autre temps et cette pause nous permet de nous recentrer, de réapprendre à regarder ce que l’on ne sait plus voir parfois : la clarté de la rosée sur l’herbe, les feuilles chatoyantes de l’automne, le parfum des fleurs réveillés par la chaleur d’un soleil printanier… Chaque double est chargée de beauté, de delicatesse et nous fait entrer subtilement dans l’univers des auteurs, qui en si peu de mots nous donnent tant à penser.

Haïkus des quatre saisons s’apprécie donc tant pour son esthétique que les messages qu’il émet, telle une brise fraîche et légère. Kitô, Issa, Buson, Bashô, Shiki, pour ne citer qu’eux, ont su créer dans cette forme poétique subtile que j’affectionne particulièrement des mondes à part entière en quelques vers, qui s’imprègnent en nous et viennent éveiller nos sens. On croit entendre le clapotis de l’eau, le sabot du cheval sur la terre, toucher le tissu doux d’un kimono, sentir le froid de la neige. Chacun verra des souvenirs resurgir à leur lecture et se laissera bercer par le rythme apaisant de ces textes.

Que vous dire de plus ? Cet ouvrage est définitivement un must-read, à garder précieusement dans sa bibliothèque ! Et une fois refermé, je peux vous garantir qu’il vous donnera envie d’aller découvrir davantage encore le monde des haïkus et les sublimes plumes qui le pratiquent ! D’ailleurs, l’une de mes prochaines lectures à venir est  Haïkus du temps présent, de Mayuzumi Madoka, aux éditions Philippe Picquier. Extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :

 » Si l’émerveillement devant la nature est un sentiment partagé par toutes les cultures, l’esthétique japonaise a pour singularité de s’identifier avec elle. Le haiku, forme poétique la plus brève au monde, rend compte du lien ancestral des Japonais avec les différentes saisons et tout ce qui leur est associé : plantes, animaux, activités humaines. »

Pour info, j’avais déjà pu évoquer très brièvement dans un article la sensibilité des Japonais par rapport aux saisons, qui se reflète dans leur vie quotidienne, leurs arts et leur littérature : si vous voulez aller y jeter un oeil, c’est par ici !

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