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Dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, Tsukiko rencontre un jour son ancien professeur de japonais. Au fil des soirées arrosées de saké et de grignotages gourmands, des liens ténus mais très forts vont se créer entre eux, faisant jaillir une relation faite de petits bouts de petits riens mais qui comptent tellement pour eux deux.

J’avais déjà pu vous parler de Kawakami Hiromi qui a écrit La brocante Nakano que j’avais beaucoup aimé. J’ai retrouvé son écriture douce et délicate qui fait subtilement émerger une sensibilité exacerbée et la fragilité de la vie. Dans ce petit récit qui se parcourt d’une traite, ou presque, on virevolte dans un tourbillon d’émotions charnelles et subtiles, où la magie de l’instant est omniprésente. Encore une fois, l’auteure met en lumière l’importance du détail, du regard qui se pose sur le merveilleux du moment et nous incite à nous plonger nous aussi dans cette atmosphère réconfortante.

Au-delà des interrogations et des doutes de la narratrice, de son cheminement et de la découverte progressive des différentes facettes de sa personnalité, c’est finalement le personnage de Sensei, le professeur, qui nous intrigue de bout en bout : aussi mystérieux que le sac qu’il emporte partout et tout le temps avec lui, sans raison valable, il auréole tous ses discours d’une touche de mystère qui ne laisse pas indifférent. Tout comme la relation amoureuse un peu inattendue, improbable de prime abord, mais qui est belle  et authentique.

Composé en une série de chapitres de leurs vies mélangées par le hasard de la vie, sans lien apparent les unes avec les autres, ces petites histoires allant d’un bar à Tôkyô à une île où on fait de la randonnée sont touchantes et portent en elles une fragrance qui dure une fois le livre refermé. On se laisse gagner la douce ivresse de Tsukiko composée pour l’essentiel de saké et on vogue nous aussi dans un univers où l’impalpable devient une beauté vraie, car indéfinissable mais profondément ressentie.

Vous l’aurez compris, dans ce rush pré-départ – pour info, je décolle vendredi pour un an au Canada avec mon compagnon, nous avons obtenu nos PVT. Et oui, je glisse ça en conclusion d’un billet car non, je n’ai même pas eu le temps de l’annoncer mieux que ça, mais promis, je vous en reparle très vite- donc, à un jour et quelques heures du départ, Les années douces a été une lecture non seulement reposante, agréable et pleine d’espoir, qui m’a redynamisée et m’a donné le sourire !

 

A très vite depuis Montréal pour une prochaine lecture !

 

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