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Printemps, été, automne, hiver : le cycle éternel des saisons s’écoule et se renouvelle à l’infini, tout comme nos vies. La beauté gracieuse des haïkus montre le lien puissant qui unit l’humain à la nature et célèbre toutes les saisons pour la magie que chacune d’entre elle apporte. La plume féminine de Madoka Mayuzumi met en lumière les fragrances qu’elle repère dans l’éventail de ces 4 palettes de l’année et nous fait entrer dans son songe éveillé quotidien qui guide ses sens et son écriture.

Le haïku est sûrement la forme poétique je préfère et qui m’inspire le plus. J’avais notamment adoré un ouvrage offert par des amies Haïkus des quatre saisons, Estampes d’Hokusai, et je ne perds pas l’occasion de me plonger dans cet univers, par la lecture ou depuis plus récemment, l’écriture. 17 syllabes qui concentrent l’émotion d’un être, à un moment, un lieu, et une saison de l’année, en dévoilant suffisamment pour nous faire partager un monde mais nous laisser aussi la place pour y intégrer le nôtre. L’esthétique et le raffinement de même que la symbolique du haïku est absolument merveilleuse. D’ailleurs, si vous souhaitez en apprendre plus, en dehors de ce livre, je vous conseille le numéro 9 d’Happinez, qui y consacre tout un article, qui comme toujours avec ce magazine, se révèle être génial !

Dans cet ouvrage, quelques 84 haïkus de Madoka Mayuzumi ont été choisis et rassemblés dans l’ordre de déroulé des saisons (un haïku comporte toujours un kigo, c’est-à-dire un mot relatif à la saison). Pour chacun d’eux, l’auteur nous fournit un commentaire en page de gauche, qui explique son état d’âme, le souvenir évoqué au moment de l’écriture. Elle nous fait entrer généreusement dans son intimité, mais pas de manière exagérée. Tout est dans la délicatesse, on effleure son univers, avec grâce et subtilité, mais en même temps on en ressort imprégné de belles notes inspirantes. Au-delà de son cheminement, Madoka Mayuzumi apporte également des explications qui permettront aux novices comme moi comme aux plus avancés de découvrir de nombreuses facettes du haïku, surprenantes et enrichissantes. La traductrice n’est pas en reste : son introduction nous fait pénétrer de manière envoûtante dans cette poésie ancestrale du Japon et nous livre des clés pour la comprendre comme pour mieux découvrir son travail, alliant la rigueur et la sensibilité de la traduction (Corinne Atlan est l’une des traductrices et expertes du Japon que j’adore suivre au gré de mes pérégrinations littéraires) à son approche personnelle du haïku. De même, sous le commentaire de la poétesse, elle apporte à chaque fois un éclairage, sur le haïku et parfois le mot de l’auteure. Une manière appréciable de prolonger le voyage dans ce livre où l’accent mis sur les détails de la Vie dans son ensemble ne peuvent que toucher nos cœurs.

Un livre lumineux et inspirant, amené à être feuilleté régulièrement, au fil des saisons et de nos émotions.

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