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Dans ce recueil de 14 nouvelles, Agnès Desarthe nous emmène dans l’envers du quotidien, nous fait découvrir ce qui se cache au-delà des apparences, dévoile ce qui se trame derrière l’anodin et fait tomber les masques. 14 vies, 14 destins qui soulèvent un bout du rideau pour dépoussiérer leur existence. 14 histoires qui nous embarquent dans le tourbillon de la vie, de ses joies et de ses paradoxes, de ses hasards plus ou moins contrôlés, de ses pertes de sens et de retour à soi, de ses renaissances et de ses surprises.

Une fois de plus, c’est au hasard d’une promenade sans but précis en bibliothèque que j’ai déniché ce petit trésor littéraire qui m’a grandement plu. Je lis rarement des nouvelles ces derniers temps (le parcours de cet ouvrage m’en a fait prendre conscience) et Agnès Desarthe m’a fait renouer avec plaisir avec ce genre.

Dans ce recueil, les nouvelles sont toutes plus percutantes les unes que les autres, possèdent chacune une fragrance forte et des personnages denses, à la psychologie complexe, qui nous emmènent dans les méandres de leurs pensées, de leur histoire personnelle et de leurs interrogations. Alors bien sûr, tout un chacun aura sa sensibilité et sa subjectivité, une préférence pour quelques unes d’entre elles. Mais aucune ne m’a déçue ou laissée indifférente. Il faut croire qu’aucune ne se rapproche d’une autre dans le lieu, le contexte ou l’intrigue, ce qui fait rebondir le lecteur mais en même temps, une note de cœur s’installe tout au long de la lecture.

De longueur inégale, même si la plupart font environ 20 pages, j’ai été agréablement étonnée par la capacité de l’auteure à créer un univers si complet à chaque fois, à nous mettre instantanément dans une ambiance et à nous en arracher abruptement par moments. Avec style, j’en conviens. Je vous disais que ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de nouvelles, mais le dénouement parfois pas complètement achevé de certaines de ces histoires n’est pas allé sans me rappeler les nouvelles que je lisais de Maupassant au collège. Sans vouloir faire une comparaison qui n’a pas lieu d’être, c’est le souvenir de ce sentiment aussi frustrant (on veut connaître la fin, la vraie, pas d’inachevé s’il vous plaît !) que jouissif (on a le sentiment que l’auteur joue avec le lecteur, créant ainsi une complicité et nous laissant une porte ouverte pour déployer notre imaginaire) qui a réveillé ce souvenir.

J’ai tout bonnement été happée par ce livre, que j’ai parcouru en un rien de temps car chaque titre donne envie de découvrir de quel genre de récit il peut bien s’agir et bien souvent, ils surprennent car se portent sur un détail, mais un détail qui bien souvent porte l’essence de l’interrogation ou de la réflexion du narrateur. Agnès Desarthe a su exercer sur moi une attraction littéraire certaine et ses histoires me restent en tête bien après avoir fermé ce livre.

Alors, au sortir de cette belle balade dans ce recueil de nouvelles, y en a-t-il quelques unes qui m’ont plus touchée que d’autres ? Oui. Lettres ouvertes, La table de Mendeleïev, Pseudonyme et Ce qui est arrivé aux Kempinski ont su me marquer peut-être un peu plus que les autres. Est-ce dû au moment de lecture ? Je ne sais pas, la rencontre entre un livre et un lecteur a un quelque chose de magique qui nous échappe parfois mais qui a lieu. Et qu’on ne préfère pas analyser plus que cela.

Et vous, quelles sont celles qui vous ont touchées / marquées / intriguées ?

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