vacances à l'anglaise

Richard décide d’inviter sa sœur et sa petite famille à passer une semaine de vacances ensemble dans un village du pays de Galles car depuis un moment, leurs relations ne sont pas au beau fixe. Quatre adultes, trois ados et un enfant qui se retrouvent à partager une maison pour le meilleur et pour le pire…

Je vous ai parlé récemment d’un gros coup de cœur pour un livre de Mark Haddon, Le bizarre incident du chien pendant la nuit et de mon envie de découvrir une nouvelle oeuvre de cet auteur. Si j’ai passé un moment divertissant, je n’ai pas été aussi emballée que pour la fois précédente.

Le thème et la construction de l’intrigue sont bien pensés : si la comédie de mœurs et le sujet des relations familiales sont déjà très exploités dans la littérature, Mark Haddon réussit dans Vacances à l’anglaise à apporter une saveur personnelle et originale qui renouvelle l’approche. Mi-comédie, mi-tragédie aux accents parfois lyriques et bucoliques, il nous fait pénétrer dans les méandres d’une famille qui comme de nombreuses autres à ses problèmes, ses non-dits, ses griefs, en alternant la perspective pour permettre à tous les personnages de poser leur regard personnel sur la situation. Et ce, sans jamais nous étourdir ni nous faire perdre le fil.

Mordant et brillant, ce procédé permet de prendre du recul et apporte un humour d’autant plus fort au tableau général, en insérant sans la nommer, l’idée que nul ne détient la vérité suprême ou la raison, et que chacun a ses torts. Sans rien dévoiler du conflit majeur latent, atome autour duquel gravite des conflits électrons divers et variés qui donnent un rythme et un rebondissements rapides au récit, dignes d’une pièce de théâtre, on peut apprécier la capacité de l’auteur à nous faire nous poser des questions sur nos propres soucis similaires. Qui en effet peut affirmer avoir une famille parfaite sans conflits (auxquels on ne comprend parfois rien et dont on se contrefiche souvent) dans lesquels nous avons pu être intégrés d’office, de manière subjective et souvent ridiculement ?
Le contexte et les obstacles se présentant sont classiques mais on se prend au jeu tout de même : météo pluvieuse, lave-vaisselle qui tombe en panne, etc. Des ingrédients simples mais qui bien travaillés fonctionnent et ne lassent pas.

Dernier point positif, les personnages ont des personnalités à la fois bien définies et détaillées, crédibles et intéressantes pour la majorité d’entre eux. On regrettera quelques facilités dans les traits de caractère ou les faits, qui auraient pu être évitées et n’apportent pas grand chose au récit, à la construction des rouages déterminants faisant avancer l’intrigue. Mais dans l’ensemble, la recette est bonne.

Alors, pourquoi un enthousiasme moins marqué cette fois ? Ressenti venant probablement de quelques longueurs hasardeuses, qui ralentissent le rythme et nous décrochent du récit. Fort heureusement, elles sont peu nombreuses et bien vite oubliées une fois que l’auteur nous replonge avec une plume acérée dans l’univers de cette famille étonnante à bien des égards.

Vacances à l’anglaise constitue donc un agréable livre à parcourir, dont l’humour souvent doux-amer suscite l’intérêt et s’achève sur sur une touche plaisante non dénuée d’ironie toute anglaise.

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