9782364745506

Raconter les plus grands héros, monstres et personnages célèbres des mythes de la Grèce antique en 17 syllabes, en voilà un défi impressionnant, qui est relevé ici avec talent par Agnès Domergue à la plume et Cécile Hudrisier au dessin, de Pandore à Orphée en passant par Pénélope et Atlas.

Deux sujets de prédilection sont concentrés dans ce livre, qui avait donc tout pour m’attirer ; le haïku, forme poétique japonaise que j’affectionne particulièrement pour sa capacité à condenser puissamment tout un univers en si peu de mots (je vous conseille au passage un recueil de Madoka Mayuzumi, Haïkus du temps présent) et les mythes grecs, qui ont tant su me fasciner dès mon enfance. L’idée d’en présenter vingt dans cette forme poétique si courte m’a interpellée. Comment cela serait-il donc possible ?

Construit comme un tableau avec le poème en page de gauche et l’illustration en page de droite, l’auteur et l’illustrateur viennent en écho l’une de l’autre pour transmettre une même fragrance onirique, qui en appelle à l’imaginaire et invite à se pencher sur les mots, sur les dessins, qui laissent deviner mais ne disent pas tout. Vous l’aurez compris, il s’agit ici de s’amuser à trouver, de déguster sur chaque double page le mythe qui s’offre à nous en quelques mots, nimbé d’une aura de mystère.

Si ce sont les haïkus qui m’ont d’abord attirée davantage que l’idée de l’illustration, je dois reconnaître qu’ils se marient formidablement bien et permettent un ensemble aéré, qui pose le regard et lui permet de se concentrer, d’apprécier page après page les nuances de la palette de l’illustratrice et la délicatesse de son trait. Créative et ingénieuse, aucun de ses dessins ne ressemblent à l’autre et chacun vient avec raffinement et subtilité révéler l’essence du mythe en question. Tout comme Agnès Domergueréussit la prouesse d’haïkus aussi beaux qu’intelligents. 
Vous avez peur de devoir donner votre langue au chat ? Rassurez-vous, un lexique tout à la fin vous soufflera la réponse si elle vous échappe.

Ma première pensée, une fois l’ouvrage refermé, est de me dire que c’est un outil formidable de partage, d’échange et de création. On pourra soi-même avoir envie de mettre en 17 syllabes d’autres mythes grecs, romains, mésopotamiens et autres.
Mais pourquoi pas aussi des événements de l’Histoire ? Et bien d’autres encore. Les enseignants pourront se servir de ce livre comme base de travail multiple et créer des ateliers d’écriture, de dessin, qui viendront stimuler l’enfant (on pourrait diviser une classe en groupes et après leur avoir exposé quelques mythes, l’un des groupes tentera de les mettre en haïku tandis que l’autre les dessinera. Chaque groupe devra ensuite réussir à associer le bon texte avec la bonne illustration). Vous voyez ? Immédiatement, ce livre inspire et donne plein d’idées !

Pouvant tout aussi bien s’adresser à des enfants qui sont déjà initiés à la mythologie comme aux plus novices, Autrefois l’Olympe est un petit trésor de lecture à placer précieusement dans sa bibliothèque. Son parcours est l’occasion d’introduire, d’approfondir les connaissances tant sur la mythologie que sur la forme poétique du haïku et de les sensibiliser à cet art.

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