Nosaka aime les chats - La bibli de momiji

Dans son pavillon tokyoïte, Nosaka se livre à l’observation de ses chats qui cohabitent avec un husky, ainsi de nombreux oiseaux et crapauds dans le jardin. Il apprend à leur contact, repart dans ses souvenirs et philosophe sur les enseignements que ces êtres délivrent au quotidien.

J’ai une passion très prononcée pour les chats (qui ne détrônent cependant pas les koalas) et chaque fois qu’un roman semble leur être dédiée, je suis attirée par sa lecture. Mon cher et tendre a déniché ce livre pour moi à la bibliothèque et son parcours s’est révélé plutôt agréable en ce mois de juillet.

Présenté sous forme de chapitres ou plutôt chroniques au fil des saisons, Nosaka nous parle de lui, de ses souvenirs, notamment ceux de la guerre (il est l’auteur du bouleversant Tombeau des lucioles) ou du tremblement de terre de Kôbe et peint un portrait pénétrant, précis et souvent facétieux de ses 5 chats qui ont chacun leur caractère, leurs préférences et qui forment des sous-clans à l’instar des humains. Chats himalayens assez snobs, parfois séniles, chat à moitié sauvage qui cherche constamment la bagarre, chat errant qui prend ses quartiers chez un commerçant… On se prend au jeu de la découverte de ce monde félin où Zizi. le husky n’est pas en reste. Ses évocations, les pensées que les félins lui inspirent nous emmènent dans un cheminement où l’auteur se met parfois à nu et se présente sans fausse pudeur, évoquant son alcoolisme, son manque d’hygiène, sa vision de la médecine entre autres.

Si le parcours de ce roman est plutôt rapide et appréciable, il y a néanmoins certains aspects qui m’ont moins plu : les remarques parfois légèrement sexistes de l’auteur, des longueurs par moments. Sans que cela n’entache le plaisir que constitue ce court livre et dans lequel tous les amoureux et familiers de chats reconnaîtront leurs matous à un passage ou un autre.

Je retiens de ce roman la sensibilité et l’altruisme de l’auteur envers les animaux. La balade qu’il nous fait entreprendre au travers de ses souvenirs et réflexions déploie un paysage mental riche et parfois grave, qui ne tombe cependant jamais dans le pathos. La sérénité de ses animaux vient ramener en lui une certaine joie, un recul salutaire sur la vie et l’on se prend même à sourire à plusieurs reprises quand on voit l’influence que ses compagnons peuvent avoir sur lui à bien des égards.

Lecture agréable et rapide sous forme de chroniques qui constituent autant de portraits du quotidien de l’auteur et de sa maisonnée, Nosaka aime les chats offre avec une plume malicieuse et sensible une plongée dans l’univers félin depuis le regard d’un homme qui protège autant qu’il apprend aux côtés de ses nobles compagnons. 

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