WP_20160803_11_01_08_Pro

19 ans après la bataille de Poudlard qui l’a vu triompher de Voldemort, Harry Potter est désormais un employé surchargé du Ministère de la Magie, marié à Ginny et père de trois enfants : James, Albus et Lily. Ron et Hermione sont également  unis et ont eu ensemble deux enfants : Rose et Hugo.
Alors qu’Albus et Rose s’apprêtent à faire leur entrée à Poudlard, le cadet d’Harry Potter est envahi par la crainte d’être envoyé à Serpentard. Car être le fils du célèbre « garçon qui a survécu » est un fardeau parfois difficile à porter au quotidien.

Je me souviens encore de l’émotion ressentie quand j’ai refermé la dernière page de l’épilogue des Reliques de la Mort (en 2007 !). J’étais tiraillée entre l’envie de lire une suite et celle de conserver la saga en l’état. Aussi, quand j’ai appris qu’un huitième tome était en cours d’écriture, mais cette fois sous la forme théâtrale, j’ai été partagée entre l’excitation et le doute. Comment une pièce de théâtre (genre que j’apprécie pourtant beaucoup) pourrait nous faire retrouver la magie de cet univers que j’aime tant ? Cela impliquait un script, pas de narration et une collaboration entre J.K. Rowling et des professionnels de la scène, ce qui me perturbait un peu. J’étais intriguée et impatiente de voir le rendu. Et à ma grande joie, la magie est bien de retour !

Dès les premières pages, on replonge avec délice dans le monde d’Harry Potter et la transition est facilitée de par le fait que la première scène reprend l’épilogue du tome 7, où nos jeunes héros sont en chemin pour grimper à bord du Poudlard Express. Frissons, émotions : j’ai ressenti une joie immédiate en retrouvant Harry, Hermione, Ron, mais aussi Ginny et même Draco. Le temps a passé, de l’eau a coulé sous les ponts et nos personnages se sont complexifiés avec les années. Bien que le script ne permette de nous immerger aussi profondément dans la psychologie de chacun d’eux qu’un roman, l’écriture nous fait entrer efficacement dans les rouages de l’intrigue et nous fait comprendre l’évolution de nos protagonistes depuis 19 ans. Leur dynamique est intacte, ce qui les caractérise dans leur essence aussi, ce qui m’a procuré un grand plaisir et m’a replongé dans des tas de souvenirs de lecture de la saga qui venaient résonner en écho au fil des pages.

On fait bien évidemment connaissance avec de nouveaux personnages, notamment Rose Granger-Weasley, au caractère et à l’intelligence proches de celles de sa mère, Albus Potter et Scorpius Malfoy. Ce sont ces deux derniers que nous allons d’ailleurs beaucoup suivre. Eux dont les pères étaient ennemis jurés se révèlent rapidement être faits pour s’entendre à merveille ! 
J’ai beaucoup aimé la personnalité de Scorpius : introverti, gentil, décalé, il se dévoile au fil des scènes et a réussi à me toucher car tout comme Albus, être membre du clan Malfoy ne se révèle pas nécessairement une bénédiction, surtout que de terribles rumeurs courent sur lui. Albus n’est pas en reste et a lui aussi des « father issues » qui l’angoissent et génèrent colère et frustration en lui. Il se sent très différent de son père alors qu’au fur et à mesure des scènes, on est amené à se dire le contraire. Mais cela reste un dénominateur commun qui contribue à rapprocher nos deux amis, sans aucun doute. On s’attache à eux et on a envie de voir les choses s’améliorer pour eux, tant leur sincérité prend au cœur.

Au-delà des personnages et de la restitution de l’univers, complètement validés pour ma part, j’ai trouvé l’intrigue vraiment extraordinaire. À l’échelle d’une pièce de théâtre, mettre en place une histoire avec autant de rebondissements, d’action, de retournements de situation est une vraie prouesse. J’ai été happée par le récit et je n’ai pas pu lâcher le livre avant de l’avoir dévoré. Difficile d’en dire dire sans spoiler donc je me retiens d’en dire plus et resterai donc très en surface mais je retiens que ce script a le don de susciter l’imagination et de nous immerger profondément dans le rythme de ses scènes, le poids des enjeux en cours et la psychologie des personnages.

Enfin, j’aimerais ajouter, pour celles et ceux qui comme moi sont trop impatients pour attendre la version française, que le niveau de langue est tout à fait accessible et le texte se parcourt sans difficulté aucune.

De belles et émouvantes retrouvailles avec l’univers Harry Potter ont eu lieu avec ce huitième tome qui même s’il se distingue de ses prédécesseurs par sa forme théâtrale est un vrai plaisir de lecture. J.K Rowling, John Tiffany et Jack Thorne nous transporte dans une intrigue prenante, bien ficelée et qui permet d’explorer sous un nouvel angle ce merveilleux monde de la magie avec la force de l’œil neuf de nos nouveaux personnages, dignes héritiers de ceux qui ont fait vivre les tomes précédents et qu’on retrouve aussi avec plaisir. Magic is back!

 

Publicités