la_reine_des_lectrices

Quand Sa Majesté la Reine d’Angleterre se découvre par pur hasard un hobby qui se transforme rapidement en passion inextinguible au point d’en négliger le protocole de la maison Windsor, c’est Buckingham Palace et son image qui vont se voir dangereusement chamboulés. Qui aurait décemment pu penser que la littérature pourrait autant semer la pagaille dans le royaume ?

J’ai lu La reine des lectrices il y a des années et il y a peu de temps, à l’occasion d’une séance de mon club de littérature dédié à l’humour anglais, un thème que je connais bien. Nous avons discuté de ce livre qui avait été sélectionné par l’une des participantes. J’ai eu envie de me replonger dedans et j’ai retrouvé exactement le sentiment qui m’avait habité lors de ma lecture initiale : une lecture plaisante, drôle, sans prétention et qui se parcourt très rapidement !

Dans cette fiction, le point de départ est la Reine Elizabeth, personnage principal de l’intrigue. L’auteur utilise son imagination débridée pour lui créer une personnalité mêlant la représentation commune que l’on en a à des traits de caractère fictifs qu’on aimerait vrais ! Alan Bennett réussit à rendre crédible ce personnage et l’on se projette peu à peu tout à fait dans cette dame réellement passionnée par les livres au point d’en inquiéter son entourage, qui ne reconnaît plus en cette nouvelle souris de bibliothèque la grand-mère austère, symbole de la Nation. Du valet de chambre au prince Philip en passant par les dignitaires qu’elle reçoit, tous vont être amenés à ressentir les effets de cette passion sur eux.

Mais au-delà de cette histoire, Alan Bennett évoque avec amour, nombreux clins d’œil et malice la force infinie que la lecture procure aux individus et lui rend un hommage qui ne pourra que toucher le cœur des amoureux des livres. J’ai particulièrement aimé les passages décrivant les sentiments et émotions qui s’animent et se développent chez Élizabeth au fur et à mesure de ses découvertes littéraires, qui vont de Dickens à Proust en passant par les sœurs Brontë.

Il faut néanmoins garder en tête que s’il parle de grands auteurs, ce livre ne se positionne pas comme de la grande littérature mais bien au contraire comme un récit léger, qui fait sourire et se savoure entre deux lectures plus absorbantes. L’auteur joue sur l’idée d’un destin possible pour l’Angleterre si sa souveraine se prenait à délaisser la couronne au profit des livres et cette farce ne prétend pas être autre chose. Ceci bien en tête, on passe un bien agréable moment de lecture !
Une lecture agréable et assez drôle, qui saura tant plaire aux amoureux des livres, mais aussi de l’Angleterre et de son humour so unique. Alan Bennett est un auteur prolifique mais que je connais pourtant peu et j’ai envie de découvrir d’autres œuvres, notamment La dame à la camionnette dont on m’a dit beaucoup de bien !

 

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