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Rien ne va plus au Collège Porterhouse, plus célèbre pour ses performances culinaires qu’académiques : l’établissement est en effet au bord de la faillite. Les vieux Confrères essaient donc de se débarrasser du Maître actuel pour le remplacer par un riche mécène. Ajoutez à cela que lady Mary, veuve du prédécesseur, se débrouille pour faire introduire un nouveau professeur afin qu’il prouve que son mari a bel et bien été assassiné par ses collègues. Une catastrophe n’arrivant jamais seule, c’est bientôt la mafia, de dangereux quiproquos, un kidnapping et bien d’autres événements qui font faire vivre un réel cauchemar aux tenants des lieux !

J’ai déjà pu beaucoup vous parler de Tom Sharpe car j’avais adoré la série des Wilt (que vous pourrez retrouver sur le blog) et même si Mêlée ouverte au Zoulouland ne m’avait pas tellement séduite, j’avais envie de continuer d’explorer son oeuvre, chose faite avec cette nouvelle lecture, dénichée en bibliothèque et qui m’a fait passer un bon moment.

Deuxième tome de la série des Porterhouse, je n’ai pas eu de mal  à plonger dans l’histoire car comme pour les Wilt, l’auteur établit des passerelles qui permettent de ne pas se sentir perdu ou dénué d’un minimum de contexte. Ce qui m’a attirée dans ce livre (pas la couverture d’origine, qui est vraiment laide à mon sens, mais cela est subjectif), c’est la promesse d’un nouveau récit irrévérencieux et caustique sur les institutions d’enseignement supérieur britanniques et plus particulièrement les plus renommées. Ici, Porterhouse, imaginé comme l’un des plus anciens Collèges de Cambridge. Pari tenu par l’auteur qui de sa plume satirique et mordante dresse un portrait loufoque et parodique des lieux qui ne va pas sans inciter le lecteur à la réflexion sur bien des thèmes abordés.

J’ai donc globalement passé un bon moment de lecture, principalement en raison de la richesse de l’Intrigue, que j’ai trouvée finement tissée et travaillée. J’ai aimé l’ironie de l’auteur sur le corps professoral dans son ensemble, sur la pente glissante qu’empruntent parfois les établissements privés pour leur financement, leurs traditions obsolètes, autour de la surcharge de titres à vocation pompeuse que s’auto-promulguent certains membres d’institutions prestigieuses et comme toujours, le vaudeville qui caractérise les récits de Tom Sharpe, farces délirantes qui font rire et dont les nombreux rebondissements maintiennent l’attention du lecteur de bout en bout. Les personnages sont hauts en couleur et leur psychologie bien travaillée, ce qui les rend crédibles malgré l’énormité de certaines situations. Plus particulièrement, le personnage de Purefoy Osbert, envoyé pour enquêter sur la mort du mari de lady Mary, m’a beaucoup plu car il détonne dans le décor. L’Économe comme Kudzuvine, assistant du possible mécène mafieux Edgar Hartang, sont deux personnages dont les réparties m’ont le plus fait rire également.

Je regrette néanmoins d’avoir eu l’impression que certains éléments de l’intrigue n’apportaient pas grand-chose à l’avancée du récit. Par ailleurs, certains personnages ne me paraissent pas avoir un intérêt particulier et j’aurais aimé être davantage surprise car j’ai retrouvé pas mal de processus narratifs déjà beaucoup parcourus dans la série des Wilt. Ces petits points négatifs mentionnés, ce roman se parcourt avec plaisir et constitue une bonne pause littéraire humoristique.

Irrévérence, ironie, vaudeville et plume débordante d’imagination viennent caractériser Panique à Porterhouse où on retrouve un Tom Sharpe en grande forme qui prend un malin plaisir à dresser un portrait satirique des vieilles institutions académiques britanniques sur fond d’enquête pour meurtre, de blanchiment et de quiproquos hilarants ! Si ce n’est pas un coup de coeur absolu, j’ai passé un bon moment avec ce roman qui m’a fait rire à maintes reprises.

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