Hello chers lecteurs,

Ça y est, nous vous dévoilons enfin le premier de nos trois textes préférés qui sont donc finalistes pour gagner le carnet de Mademoiselle Berthelot que nous vous avons présenté lors de l’ouverture du concours.

Ces trois textes retenus sont de qualité et ont su retenir de bout en bout notre attention, nous donner envie d’en lire ou d’en savoir davantage.

On commence aujourd’hui par le texte de Bijou, que je vous laisse découvrir avec, je l’espère, le même plaisir que nous !

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En marche

Here I am ! Je réalise un rêve, PARIS ! American Air Lines, après 3 ans de vols petits et moyens courriers, m’offre ce vol long courrier pour cette destination tant attendue que ma mère, Française, m’a décrite comme un conte de fées.
Un taxi à Orly. Je garde la tenue de la Compagnie en y apportant un brin de fantaisie : le petit foulard noué sagement prend une allure décontractée autour de mon cou, je retourne mon calot et ma pochette pour faire prendre l’air aux petits pois de leur doublure et les porte nonchalamment, ma veste sur le bras …. un look détourné qui me permet de libérer mon esprit.
On est en juillet, le taxi me dépose à la Concorde qui a mis sa tenue d’apparat à l’approche du défilé avec du bleu-blanc-rouge partout. Les grands de ce monde seront reçus, comme chaque année, dans une luxueuse atmosphère, rien n’est excessif quand il s’agit d’exposer sa puissance, sans oublier les tracés sur la chaussée, histoire de faire preuve de rigueur….. Typiquement masculin, tout ça !
Cependant, malgré cette ambiance patriotique, en descendant les Champs Elysées, un genre de mutation s’opère : l’élégance parisienne, telle qu’on la voit dans la presse féminine américaine, est bien présente. Rien n’est laissé au hasard : des Françoise ou des Solange arborant une robe sage à la bonne longueur au cm près, le décolleté estival sans excès surtout, les chaussures coordonnées au sac à main, les cheveux laqués, la démarche contrôlée. L’épouse française parfaite dont la vie tourne autour du confort d’un mari qui fait bouillir la marmite…
Mais au milieu de cette population, un nouveau genre se détache : des femmes court vêtues, voici donc les fameuses minijupes, ce courant britannique qui sied si bien aux Françaises, une façon de s’affirmer. Elles ont fait ce choix, à l’aise dans leur corps qu’elles dégagent d’entraves et qui leur donne un aplomb, un défi à la gente masculine qui, pour la plupart, y voit une façon d’échapper aux règles établies et la naissance d’un courant qu’ils auront du mal à maîtriser. Car l’indépendance montre ainsi son nez, ces longues jambes sont en marche, car cette démarche assurée n’est pas que physique, elle augure des changements dans la société qui n’auront pas que des adeptes.
J’arrive aux Tuileries, là où il est ou plutôt était de bon ton de venir en famille. Sur la pelouse, des groupes de jeunes sont allongés au soleil, guitares et voix résonnent. Cette fois, les filles ont pillé les greniers de leurs grands-mères, jupons et sous-vêtements brodés sont de mise, la lingerie ancienne est mise à jour, presque une tenue d’Ève puisque portée sans corset ou autre armure qui emprisonne ! La chevelure est libre aussi et les pieds sont nus.
Ça y est, cette libération physique est la preuve que la condition féminine est en train de changer ! La femme en temps qu’entité commence à s’affirmer. Tout d’abord dans sa façon de se présenter physiquement, dans son apparence et sa conduite, puis dans son état d’esprit. Et bonne nouvelle, le contrôle des naissances le mot CONTRACEPTION qui est une révolution. Les hommes n’ont qu’à bien se tenir, désormais !

Bon début de semaine et si vous êtes à Paris, je sais qu’il pleut, mais même sous la pluie, elle reste la plus belle.

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