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Lorsque Sentarô accepte d’embaucher Tokue, vieille femme aux doigts déformés, dans son échoppe, il ne se doutait pas qu’elle allait faire de son échoppe un endroit incontournable mais aussi bouleverser son existence et son rapport au monde. Tokue lui enseigne en effet un principe essentiel pour réaliser les dorayaki, pâtisserie japonaise : écouter la voix des haricots.

Comme depuis plusieurs mois maintenant, ma liste d’articles s’agrandit car je lis toujours autant mais je m’occupe de mon adorable puce qui a eu 7 mois il y a quelques jours et qui me prend, avec mon approbation la plus grande, toute mon énergie. Enfin aujourd’hui, je me pose pour tenter de rattraper mon retard !

J’avais entendu depuis un moment parler de ce roman et j’attendais avec impatience de pouvoir me plonger dedans et l’attente n’aura pas été vaine car j’ai beaucoup apprécié ce roman adapté à l’écran par Naomi Kawase !

L’histoire relatée est aussi belle que touchante et surprenante, puisqu’elle se base sur des faits réels. Tokue fait partie des personnes atteintes de la lèpre, enfermée pendant des années dans une léproserie, interdite de sortie alors même qu’elle était guérie. Il a fallu attendre les années 90 pour que la loi abolisse ce système et aujourd’hui encore, ces personnes font l’objet de discriminations et d’un certain rejet.
Avec comme toile de fond la confection de pâtisseries, qui chatouille nos papilles, Durian Sukegawa nous emmène en réalité dans un cheminement et un questionnement bien plus profonds. Comment trouver sa voie ? Comment rebondir malgré les aléas tragiques que la vie peut nous faire traverser ? 

Espoir, persévérance, joie de vivre sont quelques uns des messages forts que j’ai ressentis tout au long de cette douce et émouvante lecture. Sentarô, bourru au premier abord, est en réalité une belle personne, au grand coeur, auquel je me suis attachée au fil des pages, tout comme à Tokue et Wakana, cette adolescente pas très heureuse dans sa vie qui lui confie son oiseau qu’elle ne peut garder chez elle. J’ai beaucoup aimé la mise en perspective de l’auteur, qui en mariant différents points de vue et perceptions des personnages, nous permet de relativiser, qu’il ne faut pas forcément se fier aux apparences.

Avec Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa signe une jolie histoire, émouvante et pleine d’espoir, qui laisse volontairement en suspens certains éléments pour mieux rappeler que rien n’est permanent et que quand une porte se ferme, une autre n’attend qu’à être ouverte. Une lecture très agréable que je vous recommande ! 

 

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