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Le temps passe mais certaines choses ne changent pas : quand la bande de Benjamin Malaussène se retrouve mêlée à une affaire d’État, c’est bien entendu lui qui va encore une fois servir de coupable parfait. Benjamin, dont la vocation de bouc émissaire semble ne pas se démentir. 

Quel plaisir de retrouver la plume de Daniel Pennac et la saga de la famille Malaussène. Si le dernier lu (Aux fruits de la passion), m’avait laissée sur une note moins enthousiaste, j’ai beaucoup aimé ces retrouvailles ! 


On y retrouve tous les membres de la famille : Verdun (juge Talvern), C’est Un Ange, Maracuja, Monsieur Malaussène, mais aussi la reine Zabo etc. On voit leur parcours, leur évolution, les petits qui sont devenus grands et vont se retrouver au cœur de la nouvelle intrigue qui va mettre Benjamin et toute la fratrie dans de beaux draps.

Benjamin travaille toujours aux éditions du Talion, dont la prospérité tient désormais aux Vévés : auteurs de la vérité vraie (tout un concept, n’est-ce pas ?) dont Benjamin doit assurer la protection car leur vérité vraie n’est pas du goût de tous. Il doit en particulier protéger le pas-toujours-facile-à-vivre Alceste, qui s’est, pour faire court, abondamment lâché sur sa famille, ce qui lui a valu une tentative d’assassinat de la part de sa fratrie. Cela constitue un point fort de ce tome pour moi : Daniel Pennac nous fait réfléchir à la mythologie familiale propre à chaque individu. Entre les faits, la perception, l’interprétation, les souvenirs, les intentions que nos paroles et actes recouvrent, chacun est amené à porter un regard unique sur sa famille et le rapport qu’il entretient avec elle.

Ce premier tome est une belle promesse : on y retrouve la joyeuse cacophonie de cette famille unie malgré tant de différences entre ses membres. L’angle original, où Benjamin est quelque peu étranger à l’intrigue pendant toute une partie, laissant l’information venir à lui sans qu’il s’y mêle m’a d’abord intriguée. Mais tout prend forme et se lie au fil des pages, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui se délectera des dialogues, traits d’esprit, des réparties et apartés propres à Benjamin. L’humour n’a pas pris une ride et il m’a fait un bien littéraire fou.

Daniel Pennac nous fait renouer avec la saga Malaussène avec brio. On y retrouve tout ce qui a, à mon sens, conquis son public. Une intrigue originale, presque loufoque, et c’est reparti pour de nouvelles aventures dont j’attends les prochains tomes avec impatience ! 

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