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Quand Baptiste Rochet, lieutenant de frégate, présente au jeune Louis XIV une étrange météorite sphérique rapportée de son dernier périple en mer, ce dernier y voit la source d’une nouvelle ère de progrès pour l’humanité. Il convoque dès lors Blaise Pascal pour lui faire part de ses projets célestes. Pascal va alors faire une découverte qui bouleversera à tout jamais le royaume et le destin du Roi-Soleil mais aussi de toute une fratrie impliquée malgré elle dans les drames à venir.

Le siècle de Louis XIV a toujours fait partie des périodes que j’ai aimées étudier en fac d’Histoire. Le titre m’a donc immédiatement attirée et le résumé qui promettait une uchronie a achevé de me convaincre d’emprunter le livre. Je n’avais jamais lu Johan Héliot, dont l’un des thèmes de prédilection semble être la conquête spatiale et qui en fait dans ce livre le centre des passions du roi.

Dans cette reconstitution historique bien réussie, teintée de futurisme, Johan Héliot nous plonge dans le Paris du milieu du XVIIe siècle et nous emmène tant à la cour du Roi-Soleil qu’à celle des Miracles en passant par la rue Saint-Jacques et le quartier des imprimeurs. J’ai grandement apprécié cette immersion tout comme la présentation des différentes classes sociales : nobles comploteurs, bourgeois, imprimeurs libellistes, mousquetaires désabusés, paysans…En particulier, on suit le destin d’une fratrie de cinq frères et sœurs fuyant la misère de leur campagne lorraine et atterrissant chez leur oncle imprimeur à Paris. Chacun partira dans sa voie, de l’édition à l’ingénierie en passant par le banditisme. Il y a donc une alternance de points de vue des membres de cette famille tout au long du livre, auxquels s’ajoutent des interventions de la météorite et des articles de presse, qui apportent, un beau rythme au texte et permettent de se plonger vraiment dans le récit.

Difficile d’en dire assez sans en dire trop mais l’entité extraterrestre atterri mystérieusement sur notre planète est dotée d’une conscience et veut retourner d’où elle vient. Pour cela, elle a besoin d’accélérer les progrès matériels de l’humanité et en l’occurrence, de nous faire aller au plus vite dans l’espace. Une entreprise qui suscite l’enthousiasme chez certains mais l’hostilité chez d’autres tant à la cour que parmi le peuple.

L’écriture est fluide, la fresque historique est bien réalisée. Cela m’a permis de lire en peu de temps ce premier tome, aux chapitres relativement courts. Néanmoins, j’ai légèrement décroché sur la fin. Est-ce le sentiment de précipitation, d’enchaînement trop rapide des événements sur une petite partie ? Toujours est-il que j’en suis ressortie moins enthousiaste qu’au départ. Cela ne m’empêchera cependant pas de lire le second tome, pour savoir si Louis XIV s’envolera vers l’infini et au-delà !

Manigances, imprimeurs subversifs, inventions et découvertes, assassins sans pitié, mousquetaires, cour du roi : Johan Héliot met en scène le théâtre du Grand Siècle avec une écriture entraînante, où on ressent le travail de recherche minutieux pour créer au mieux une uchronie qui interroge le pouvoir de la science et les passions humaines. 

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