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La bibli de Momiji

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Littérature britannique / américaine

Funny Girl, Nick Hornby, Penguin Books

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1964, Blackpool, Angleterre. Barbara Parker, à peine couronnée reine de beauté, renonce à sa tiare et vole, court vivre à Londres. Car ce qu’elle veut vraiment, c’est être actrice et faire rire en jouant dans un des programmes comiques de la BBC et ressembler à son idole, Lucille Ball. D’abord vendeuse de cosmétiques, sa bonne étoile va lui faire rencontrer les bonnes personnes et Barbara, qui prend le nom de Sophie Straw, entame dès lors une ascension de star du petit écran… Lire la suite

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Le mystère du hareng saur, Jasper Fforde, éditions Fleuve noir

Wilt, Tome 5 : Comment enseigner l’histoire à un ado dégénéré en repoussant le assauts d’une nymphomane alcoolique, éditions 10-18

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Il y a des familles où on retient pas les leçons du passé. Celle des Wilt en fait partie. Quand Eva impose à Henry de passer son été à donner des cours d’histoire à Edward, le fils d’un couple aristo complètement timbré, elle pense avoir mis la main sur une aubaine formidable pour renflouer leurs comptes, payer les frais astronomiques de l’école privée des quadruplées et passer des vacances chics dans la résidence de Lady et Sir Gadsley. Elle semble avoir oublié qu’avec Henry et les filles, rien se passe jamais tranquillement et une fois de plus, elle va savoir quand les ennuis commencent mais pas quand ils finissent…

Tom Sharpe nous a quittés l’année dernière, le 6 juin 2013 précisément. Il laisse derrière lui une bibliographie dense et géniale, animée par la satire, le rire et des convictions fortes. Rappelons, comme j’ai pu en parler dans Mêlée ouverte au Zoulouland, son opposition à l’apartheid en Afrique du Sud et sa plume mordante contre sa terre natale.
C’est donc avec un peu d’émotion que j’ai entamé la lecture du dernier tome de la saga des Wilt. Et même si je trouve que c’est le moins bon de la série, j’ai quand même globalement apprécié cette lecture.

Pourquoi est-t-il à mon sens un poil en deçà des autres tomes ? Peut-être parce qu’au bout de cinq volumes, Tom Sharpe a eu un peu de mal à renouveler la famille Wilt et que par moments on commence un peu à tourner en rond. Que les blagues scabreuses et les situations dans lesquelles se trouve notre antihéros dégagent parfois un effet de déjà vu, de répétitions. Donc on rit moins que dans les précédents.

Cependant, l’intrigue est comme d’habitude bien ficelée et cette fois, c’est l’aristocratie anglaise qui en prend pour son grade, qu’elle soit véritable ou falsifiée. Entre enfant dégénéré, femme alcoolique qui pense que sa position peut lui permettre d’assouvir tous ses désirs et vieil homme qui déteste son beau-fils et pense que le droit de cuissage est toujours d’actualité, Tom Sharpe égratigne encore une fois une classe sociale et une société anglaise dont les dérives l’amuse. Et se moquer de l’architecture des demeures de ces enracinés d’une autre époque, des écoles privées hors de prix, il ne s’en prive pas.

Un dernier tome donc, où nos personnages ont grandi, ont vieilli et où l’essence de leur personnalité ne change pas. Eva est toujours aussi hystérique, les quadruplées sont l’incarnation et le résultat d’un produit d’éducation version enfant roi par leur mère, qui évidemment ne contrôle plus à l’adolescence ses chérubins. Quant à Wilt, il semble développer un flegme encore plus fort que dans les tomes précédents, occasionnellement contrecarré par un sursaut de survie et de défense de la cellule familiale.

Si vous avez été séduit par la série des Wilt, je vous recommande donc d’aller jusqu’au bout. Si vous souhaitez vous y intéresser, je ne vous conseille pas de débuter par celui-ci, il pourrait vous laisser sur une impression en demi-teinte. Définitivement, Wilt 1 est une mise en bouche qui vous donnera envie de suivre cette famille loufoque sur qui les situations ubuesques s’enchaînent.

Wilt 4 : Comment échapper à sa femme et ses quadruplées en épousant une théorie marxiste, Tom Sharpe, éditions 10-18

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Quand Eva annonce à Henry qu’ils vont passer l’été aux Etats-Unis chez son oncle Wally, il voit rouge. Hors de question d’aller chez ce vieux schnock raciste, anticommuniste primaire et fasciné par les armes. Comment faire pour éviter ces vacances cauchemars ? En s’inventant la préparation d’un cours sur le marxisme pour la rentrée pardi. Il n’aurait pas pu mieux trouver pour qu’Eva l’encourage à rester en Angleterre. A lui les balades dans la campagne anglaise, sans carte, sans but, juste la liberté et le calme. Ce qui arriverait si la guigne n’était pas toujours de son côté. Et bien évidemment, sa femme et ses quadruplées destructrices vont se retrouver au cœur d’une enquête sur un trafic de drogue. La famille WIlt n’a jamais le temps de s’ennuyer, même en vacances…

D’accord, j’avais dit qu’après le Wilt 3, je ne parlerais plus de la saga. Mais j’ai finalement lu les deux derniers d’un coup même pas une journée de week-end et je me suis dit que ça serait dommage de ne pas leur consacrer une petite chronique!

En faisant sortir les Wilt de leur quotidien (attention, je n’ai pas dit vie routinière, ce serait un mensonge éhonté et antinomique avec les Wilt !) pour partir avec eux en vacances, Tom Sharpe décide de nous prouver une fois de plus à quel point cette famille est atypique et sème le désordre partout où elle passe, sans le vouloir. Enfin, concernant mari et femme, c’est vrai. Mais les quadruplées ont grandi et sont devenues des vraies pestes détestables. Autant elles m’avaient fait rire dans les deux tomes précédents, mais dans celui-ci, elles se sont attirées mon antipathie. Véritablement méchantes, leur capacité à nuire est impressionnante. Quand elles ont la bonne idée d’enregistrer une dispute de l’oncle Wally et de sa femme au sujet de leurs rapports sexuels, puis de l’enregistrer sur cassette et de le diffuser via les hauts parleurs de la résidence de campagne pour que tous les voisins entendent leur vie intime, on mesure leur vice et la rapidité de leur expulsion par leurs hôtes.

Mais surtout, l’auteur prend encore une fois le prétexte de ce tome pour écorcher la société et s’en prendre cette fois à l’Amérique, pour dénoncer son racisme, l’hypocrisie de son puritanisme, son capitalisme exacerbé, la notion de toute puissance militaire que certains habitants ressent(ai)ent et en même temps sa mentalité entrepreneuriale. Critiques donc mais aussi ironie quant à la vision d’Eva, symbole d’une génération, qui voit en ce pays l’incarnation d’un paradis rêvé. A la recherche cette fois d’un paradis perdu, Henry Wilt va aller de déconfitures en mésaventures dans ses escapades anglaises qui l’embarquent dans l’affaire d’un incendie criminel triplé d’un meurtre, d’un notable pédophile et d’une amante dégénérée et manipulatrice. A cela, rajoutons un séjour à l’hôpital où il passe de la gériatrie à la psychiatrie, avec un gros trou de mémoire, avec une Eva hystérique, que les autorités américaines auraient aimé inculper pour trafic de stupéfiants. Et l’inspecteur Flint est encore une fois mêlé à l’histoire, persuadé de pouvoir enfin le coincer…Tom Sharpe a un regard cynique sur les espérances que les vacances procurent et la réalité de certaines d’entre elles.

Bref, une cascade de rires, de situations rocambolesques, une satire sociale délicieuse et une plume affûtée qui vous font passer un bon moment de lecture avec cette famille qu’on préfère avoir en livres qu’en voisins.

Wilt 3 : Wilt prend son pied, Tom Sharpe, éditions 10-18

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Wilt, avoir un jour une existence calme ? Impossible, même quand il essaie. Alors qu’il tente en vain de gérer ses collègues du département des Humanités dans son lycée technique, il se trouve pris en étau entre une enquête sur la mort par overdose d’une élève du Tech et une accusation d’espionnage soviétique par la base américaine où il donne des cours particuliers. Bien sûr, sa femme Eva met son nez dans ses affaires, ce qui va parachever un cocktail Molotov comme on n’en avait jamais vu dans le coin. Non, Wilt ferait mieux de renoncer : quand il ne cherche pas les ennuis, ils viennent toujours à lui…

Déjà le troisième volume de la série des Wilt que je lis (si vous avez manqué les deux premiers épisodes, pas de panique, vous pouvez accéder au résumé de Wilt 1 et Wilt 2) et c’est toujours un grand moment de rigolade !

Les personnages évoluent et se bonifient. Eva a toujours envie de bien faire, mais son envie est proportionnelle aux catastrophes qu’elle provoque. Wilt a enfin acquis une position élevée dans la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire : entre des professeurs dépressifs et désabusés, des hystériques ou ceux qui tentent des méthodes d’enseignement aussi originales que sans effet, il n’a pas une seconde pour souffler. Et s’il trouve décidément toujours le moyen de se retrouver au cœur d’événements qui lui échappent, il semble bien qu’il ait accepté cette fatalité et qu’il soit aguerri à se défendre en toute situation.
Home, sweet home ? Nooon, voyons, pas chez les Wilt. Les quadruplées ont décidé de multiplier les bêtises, les cris et les questions au carré en grandissant, ce qui ne contribue pas à apaiser son stress. Un criminel à qui il donne des cours particuliers en prison menace de le tuer s’il ne fait pas ce qu’il lui demande ? C’est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase et le rendre parano, lui faire faire les choses les plus irrationnelles, au point qu’il va sérieusement éveiller les soupçons de la police et des officiers de la base américaine, qui vont le mettre sur écoute, le suivre et penser à le liquider. Le problème, c’est qu’ils ne savent pas qu’avoir à faire à Henry Wilt, c’est immédiatement se mettre Eva dans les pattes, Eva plus à même de déclencher la prochaine guerre nucléaire que n’importe quelle crise de Cuba. Et qu’elle pourrait rabattre le caquet de Nixon comme de Brejnev. Énervante, pour sûr, elle l’est. Mais en même temps, on s’attache vraiment à ce personnage comique malgré elle, qui par ses actions rocambolesques m’a fait pleurer de rire.

Bref, une fois de plus, j’ai été happée par le tourbillon de la famille Wilt qui vous embarque pour une tornade de rire, de situations toutes plus improbables les unes que les autres. J’ai savouré avec autant de plaisir la plume mordante de Tom Sharpe qui sous couvert de fiction dresse un portrait ironique et même cynique des forces de l’ordre, des militaires, des conservateurs et surtout des services de contre-espionnage. Les sujets de Sa Majesté en prennent pour leur grade, le tout avec un humour féroce, tantôt cru, tantôt subtil et bien tourné ! C’est rock’n’roll british et autant vous dire que ça swingue.
Les volumes 4 et 5 m’attendent mais je vais faire une pause avant de les entamer et je ne sais pas encore si je les chroniquerais. Au bout de trois volumes, j’espère vous avoir convaincu que la série vaut le coup et je voudrais éviter l’effet de répétition qui pourrait se produire à écrire sur tous les tomes.

Mêlée ouverte au Zoulouland, Tom Sharpe, éditions 10-18

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Dans l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid, une vieille aristo fan de caoutchouc et très portée sur les armes tue son amant zoulou par passion. Ce qui ne plaît guère aux forces de police, qui aimeraient bien étouffer l’affaire. Mais à peine mettent-ils les pieds sur sa propriété de Jacaranda que le cauchemar commence et ne semble pas pouvoir s’arrêter…

Tom Sharpe, que j’ai découvert avec les aventures de Wilt 1 et Wilt 2, a écrit cet ouvrage en 1971, dix ans après avoir été expulsé de l’Afrique du Sud, où il avait écrit et représenté une pièce de théâtre contre le régime de l’apartheid. Dans Mêlée ouverte au Zoulouland, il règle bien ses comptes, notamment avec les colons et les policiers qui persécutent, torturent les populations indigènes, et dresse un portrait au vitriol d’une société raciste et abjecte, aux valeurs arriérées. Le tout avec un humour bien relevé et qui a dû donner des maux d’estomac à tous ceux qui se sont reconnus d’une manière ou d’une autre dans le récit (et tant mieux !).

L’idée du livre me plaît énormément : dénoncer, au travers d’un récit farfelu et plein de traits d’esprit, l’absurdité de l’apartheid et des dérives que cette idéologie a engendrées. Mais j’ai eu du mal à rentrer dedans, à m’accrocher à cette lecture. Je ne me suis sentie happée par l’histoire que dans le dernier quart, page 193 exactement ! (Ne me demandez pas pourquoi, c’est vraiment étrangement à cet endroit qu’un déclic et un intérêt forts sont apparus).

Pourquoi ? J’ai pourtant retrouvé la même plume qui m’a fait pleurer de rire avec Wilt. Je dois vous confesser que c’est peut-être une certaine omniprésence de l’évocation du sexe (et plus précisément de l’appareil génital des messieurs) qui m’a un peu refroidie. Je me suis pas prude, le langage peu châtié d’Henry Wilt m’aurait sinon depuis longtemps hérissé le poil, mais j’ai trouvé que c’était trop. Il y a également beaucoup d’actions et de personnages qui s’enchaînent et s’entremêlent au début à un moment clé de l’intrigue et j’ai eu un peu de mal à retrouver mes petits. Ca démarre sur les chapeaux de roues et il faut s’accrocher très vite aux wagons pour ne pas perdre pied. Et j’avais peut-être besoin d’un démarrage plus en douceur au moment où je me suis mise à cette lecture. Donc ça ne partait pas très bien pour me faire apprécier l’ouvrage.

Mais au fil du récit, l’humour de Tom Sharpe, son ironie et son cynisme prennent le pas et on se régale de ses dialogues à double sens, des évocations élusives où il faut savoir lire entre les lignes. Surtout, il réussit jusqu’au bout à surprendre le lecteur par la tournure des événements. Un évêque pas très catholique, une vieille folle très rusée, un lieutenant complètement dérangé et un commandant aussi bête que méchant sont quelques uns des personnages qui ensemble donnent un cocktail Molotov d’enchaînements tous plus insolites et incompréhensibles les uns que les autres !

Avis mitigé donc, mais l’humour noir de Tom Sharpe vaut le détour, d’autant plus qu’il l’a mis ici au service de la défense d’opprimés qui avaient peu de voix pour eux à l’époque.

Wilt, tome 2 : Comment se débarrasser d’un crocodile, de terroristes et d’une jeune fille au pair, Tom Sharpe, éditions 10-18

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Wilt et ses aventures insolites sont de retour. Après les sordides événements qui lui étaient arrivés précédemment, on aurait pu penser que la vie allait enfin lui laisser couler des jours paisibles et heureux. Mais il faut croire que la présence de quadruplées, la nouvelle obsession de sa femme Eva pour les modes de vie alternatifs et l’arrivée d’une jeune fille au pair allemande pas très nette vont nettement entraver ses plans. Et vous ne pensiez tout de même pas qu’au niveau boulot tout se passerait pour le mieux dans le meilleur des mondes ? 

Vous ne connaissez pas encore Henry Wilt ? Allez donc faire un tour vers le tome 1 !

Encore plus drôle et plus loufoque que le premier opus, Tom Sharpe nous embarque dans un fou rire de 317 pages où les situations les plus simples se transforment en un dédale ubuesque hilarant. Comme Henry Wilt aime à le dire, les ennuis semblent le chercher et même quand il s’acharne à dire la vérité, elle se retourne contre lui. Chat noir par excellence, il se retrouve au cœur de problèmes qu’on aurait peine à imaginer dans la vie réelle et qui pourtant sont tout à fait probables.

Nous avions quitté un Henry qui après avoir lutté pour monter les échelons administratifs se retrouve à la tête d’un département du Tech, avec un salaire lui ayant permis de s’installer dans une maison immense où Eva régente tout, ou presque. Quatre démons, très éveillés et malins, ont en effet rejoint leur vie et vous feront désormais relativiser les bêtises de votre progéniture. Cinq femmes gouvernent donc le palais et Wilt alterne entre l’envie d’étrangler celles qui vampirisent son existence et l’amour qu’il leur porte. Et quand une sixième débarque d’Allemagne, telle une Vénus sortie des eaux, Wilt ne sait plus où donner de la tête. Il se croit renaître devant tant de beauté et d’intelligence…Avant que les soucis lui explosent à la figure. Bien sûr, un film anticapitaliste et légèrement pornographique, réalisé avec un faux crocodile par un professeur du Tech, ne va pas contribuer à diminuer la dose de stress qu’il doit gérer.

Plusieurs histoires sont développées et s’entremêlent au fur à mesure, ce qui vivifie le récit et maintient notre intérêt. On a clairement affaire ici à un vaudeville et dans sa digne lignée, tout est ici au service du rire. De même, la caricature de certains personnages accompagne avec délice le texte. Pour ne citer qu’elle, Mrs Frackas, vieille anglaise issue de l’héritage colonial, qui assure de temps en temps le baby-sitting des quadruplées, apporte à elle seule un cocktail pimenté à l’histoire. On suit avec plaisir les évolutions des personnages, voire leur régression depuis le tome 1. C’est aussi là que réside le talent de l’auteur : il réussit à nous faire aimer des personnalités déjantées et complètement folles, qu’on espère ne jamais côtoyer dans la vie de tous les jours !

Tom Sharpe fait jaillir avec brio son humour british, ses répliques cinglantes et manie avec génie le langage peu châtié de Wilt sans jamais tomber dans une vulgarité déplaisante. Je ne vous en dis pas plus, on peut très rapidement dévoiler beaucoup trop l’intrigue de ce livre. Je vous conseille juste de rajouter ce roman à votre liste, on s’attache vite à la tribu des Wilt et à leurs mésaventures.

Un train pour Ballarat, Kerry Greenwood, éditions 10-18

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Dans l’Australie des années 20, la célèbre Phryne Fisher, détective et aventurière dans l’âme, sauve in extremis la vie des passagers de son wagon de train où du chloroforme a été répandu. Ce n’est pas tout, une vieille femme a été assassinée et jetée sur la voie. Et qui est cet enfant amnésique qui était à bord et que personne n’attendait ? Phryne prend l’enquête en main, mais elle va se révéler plus perturbante que prévu…

Ballarat, c’est la ville où mon amoureux a fait son MBA (et mon point d’arrivée quand nous avons ensemble sillonné toute la côté Est en voiture pendant presque deux mois). Il a ramené ce livre dont le titre l’a intrigué à la bibliothèque mais en bookinovore assumée, j’ai sauté sur cette lecture avant lui !

Je me suis donc replongée dans mon Australie chérie et ai fait un petit voyage dans les années folles, en compagnie d’une détective incarnant bien la figure féministe, indépendante et libre de ses choix. Phryne Fisher ne s’en laisse pas conter et on suit avec plaisir ses aventures. Riche et généreuse, mais également prête à dégainer son arme ou les coups aux malfrats et mal élevés qui s’aviseraient de s’en prendre à elle, elle nous fait passer un bon moment. Les personnages secondaires qui l’entourent sont aussi plein de caractère, ce qui vient soutenir l’ensemble du récit et le rendre plus dense. Dot, la femme de chambre, le docteur Macmillan sont chacune dotées d’une forte personnalité et l’enfant amnésique que Phryne recueille vient apporter une petite touche de douceur et un côté maternel à notre détective plutôt brut de décoffrage qui aime rouler pied au plancher dans son  Hispano-Suiza.

Mandatée par la fille de la défunte pour retrouver le coupable, une jeune femme fragile, mal dans sa peau et amoureuse d’un homme qui semble louche à Miss Fisher, l’intrigue n’a cependant pas vraiment répondu à mes attentes. En effet, la résolution de l’affaire apparaît trop évidente, trop simple et ce côté cousu de fil blanc m’a un peu laissée sur ma faim. Paradoxalement, c’est l’enquête secondaire, celle relative à l’enfant amnésique, qui est riche en suspens et qui surprend davantage. De plus, deux compagnons assez comiques aidant Phryne dans cette affaire apportent une petite touche humoristique qui vient relever la saveur du récit.

Enfin, l’époque et les lieux nous sont bien retranscrits et on laisse sans effort notre imaginaire nous emmener dans les chapeaux, la musique, le décor des années 20 au pays des kangourous.

Une lecture pas totalement satisfaisante donc, mais qui vaut tout le même le temps qu’on consacre à la parcourir car l’idée est bonne, le style retient l’attention et Phryne est un personnage qu’on n’oublie pas ! Fort heureusement, ses péripéties se poursuivent dans d’autres tomes. To be continued…

Déboire, Augusten Burroughs, éditions 10-18

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Augusten est un jeune concepteur-rédacteur, autodidacte et talentueux, qui évolue dans la sphère publicitaire new-yorkaise. Le hic ? Il noie avec constance et largesse les cadavres de son placard, ses angoisses, son stress, bref, tout, absolument tout, dans l’alcool… Quand il manque la réunion de trop en raison d’une gueule de bois, deux options se présentent à lui : la cure ou la porte. Propulsé dans un centre de détoxification, qu’il choisit gay et espère décalé, Augusten va commencer un combat sans fin contre cette drogue et surtout contre lui-même.

Je ne connaissais pas Augusten Burroughs et ai découvert l’auteur grâce à Liz, une copine, qui au détour d’une soirée raclette a bien voulu me prêter ce livre. Merci Liz ! Je n’ai donc pas lu le tome précédent « Courir avec des ciseaux » et me suis plongée dans cette lecture comme un voyage vers l’inconnu. Et j’ai beaucoup aimé.

Augusten Burroughs aborde un thème lourd, l’alcoolisme, qu’il nous décrit à travers sa propre expérience, avec sincérité et brutalité parfois, sans jamais s’apitoyer sur lui-même. Attachant et touchant, il nous embarque dans sa vie, ses souvenirs, ses relations amoureuses, ses doutes et on suit son évolution, ses rechutes, ses remontées avec intensité. L’immersion dans ses émotions qui le tiraillent, le dialogue interne qu’il tient avec ses démons, les flashbacks viennent apporter profondeur et densité au personnage et nous aident à le cerner davantage. Derrière l’alcoolisme se cache un être qui aurait bien besoin d’une psychothérapie et qui exorcise ses traumatismes, sa peur de l’attachement, sa peur de la mort dans ce compagnon au fort degré qui ne lui veut pas que du bien. Augusten  se dévoile progressivement et on a envie de toujours le découvrir davantage, de l’accompagner. Le chemin qu’il nous fait prendre est le même que celui d’une amitié naissante : il nous intrigue d’abord par ses remarques, se confie, nous donne envie d’en savoir plus mais aussi et surtout de l’aider, une fois que toute sa fragilité se montre au grand jour.

Une lecture sombre à vue de nez que ce sobre livre vous demandez-vous ? Ce serait réducteur, très réducteur. Augusten n’offre pas dans ce livre que la mise en scène de la détresse d’un homme. Loin de là. Comme autant de couleurs variées et pétillantes, il distille beaucoup d’humour et de cynisme, d’autodérision aussi, qui vient agréablement soutenir et relancer la lecture. Augusten a un sens de la répartie et des expressions qui m’a beaucoup plu, notamment quand il s’agit de son travail, qui occupe une grande place dans sa vie. A l’agence, ceux qui l’entourent participent à l’accélération du rythme du récit, qui s’étend un peu par moments. Greer, la DA (directrice artistique) avec qui il bosse en duo, a toujours une remarque acerbe ou superficielle à lancer, mais qui nous fait souvent rire. A ses personnages clichés de la pub se cumulent des êtres issus des rencontres dans son centre, aux AA. Vifs et perturbants comme des bourrasques de vent, ils vont tous tour à tour le bousculer, le ramener sur terre, le dérouter, lui redonner l’envie de se battre.

Par ailleurs, la description de l’univers impitoyable et des rouages d’une agence de pub, de l’intérieur de la vie des campagnes réalisées sont des temps de freinage assez amusants qui permettent ensuite de mieux redémarrer sur le thème majeur de la lutte contre l’alcool de notre héros. De même, son histoire d’amour – et d’amitié – avec Pighead vient en arrière-fond, en touche légère mais persistante, envoûtante, et représente finalement la clé de voûte de sa guérison, bien plus que toutes les réunions des AA.

Augusten Burroughs offre un témoignage courageux en se livrant à nous comme à un proche. A chacun son interprétation, mais j’ai trouvé un beau message d’espoir dans cette histoire. Et je garde en tête la musique d’un ton détaché, drôle et dynamique qui vient donner à ce récit beaucoup de saveur.

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