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La bibli de Momiji

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Daniel Pennac

Aux fruits de la passion, Daniel Pennac, éditions Gallimard

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Dans la famille Malaussène, je demande Thérèse, la soeur. Et oui, c’est elle le personnage principal de la tribu dans ce tout dernier épisode. Qu’a-t-elle fait pour mériter ça ? Notre voyante est amoureuse ! Elle, la vestale qui lit aussi bien dans les lignes de la main que dans le marc de café s’est éprise d’un homme. Et comme personne ne fait jamais rien comme tout le monde dans cette famille, c’est à Marie-Colbert de Roberval, un énarque doublé d’un aristo qu’elle décide de donner sa main. Et pour qui elle accepte de perdre son don, une fois le mariage consommé. Benjamin sent qu’une fois encore les ennuis vont frapper à la porte du clan. On aimerait lui donner tort. On aimerait contredire son réalisme frappant…

Je poursuis ma découverte décousue de la saga Malaussène, dont j’avais déjà écrit un article sur le premier tome, Au Bonheur des Ogres. J’en ai lu plusieurs autres, avant d’ouvrir mon blog, mais comme cela fait un moment, je me contente d’écrire sur les plus récentes lectures, pour lesquelles les impressions sont les plus fraîches.

La saga Malaussène comprend plusieurs constantes agréables que j’ai retrouvé ici : ça se lit vite (ça se dévore en une seule fois plutôt !), c’est drôle, jalonné de situations désopilantes, on retrouve notre Belleville et la troupe pimentée entourant les Malaussène. Et on peut tous les parcourir dans le désordre sans se sentir perdu dans la compréhension globale des rouages familiaux et des événements passés, ce qui est franchement appréciable.

Dans ce roman, c’est donc la figure de glace, discrète et effacée de Thérèse qui occupe le rôle majeur et dont tout un nouveau pan de la personnalité se dévoile. Ce qui est plutôt déroutant car on s’était habitués à la mystique l’auréolant. Mais ce n’est pas plus mal, ça apporte un coup de fouet à ce portrait de famille qu’on commence à bien connaître et qui à force pourrait nous jouer le coup de la vieille tante radoteuse.

L’intrigue est plutôt bien tournée sans trop sortir cependant des sentiers battus. Le très étrange Marie-Colbert est au cœur d’affaires louches où la pauvre Thérèse va être mêlée et où le trouble va lui faire perdre jusqu’au bon sens que les astres lui ont conféré ! Mais je ne vous dévoile rien de plus, sinon je vais vous gâcher le plaisir.

Encore une fois, la plume de Daniel Pennac est pleine de tendresse, d’humour, le récit coule comme des belles vagues qui nous bercent et nous emportent loin de la réalité, avec parfois une plus forte qui nous réveille et ravive notre concentration.
Mais ce n’est pas le meilleur de la série. J’ai conscience qu’en raison de l’excellence des volumes précédents, mes attentes étaient en conséquence très élevées. J’y ai trouvé moins d’inspiration que dans les précédents. Si je veux faire dans la métaphore poétique (rien à voir avec le sujet, mais c’est pas grave), quand on est habitué à de délicieux alexandrins, on est légèrement surpris et on se délecte moins de décasyllabes, même s’ils sont très bons.

Ca reste une lecture digne de ces fameuses retrouvailles en famille qui apportent leur lot de nouvelles, de rires et de « ça n’a pas changé décidément ». Que vous soyez déjà connaisseur des Malaussène ou pas, Aux fruits de la passion se parcoure avec plaisir et légèreté, comme une mangue bien juteuse en cette belle saison !

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Journal d’un corps, Daniel Pennac, éditions Gallimard

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Dans ce livre, le narrateur nous fait partager sa vie intime, enfin, plus précisément, celle de son corps. Tout au long de son existence, de manière plus ou moins clinique, avec plus ou moins d’implication personnelle, il écrit, avec une constance remarquable, ses sensations physiques, résultant de ses états d’âme, de facteurs extérieurs, de l’évolution de la mécanique des organes au fil des ans. Avant sa mort, il les lègue tous à sa fille. Et ce qui aurait pu ne ressembler qu’à un simple compte-rendu médical devient plus puissant que tous les secrets que l’on pourrait trouver dans n’importe quel journal intime…

Je retrouve un de mes chouchous, Daniel Pennac, qui encore une fois m’impressionne et m’éblouit. Comme d’habitude, son style fluide et sa plume m’ont fait m’accrocher à cette lecture sans pouvoir m’en départir. Au travers de la singularité d’un homme qui retrace le parcours de son corps qu’il entraîne, puis traîne avec les années qui passent, c’est de nous tous qu’il parle. Bien évidemment, les différences biologiques entre homme et femme font que l’exploration interne ne peut être universelle et tout un pan manque forcément. C’est d’ailleurs ce que regrette notre narrateur : « Si je devais rendre ce journal public,  je le destinerais d’abord aux femmes. En retour, j’aimerais lire le journal qu’une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin de mystère. En quoi consiste le mystère ? En ceci par exemple qu’un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l’encombrement de leur sexe ».

Sans gêne, le narrateur dévoile tout de ce qu’il perçoit et ressent. Il y a des passages lus dans le métro où je ne vous cacherai pas que je ne pouvais m’empêcher d’espérer que personne ne lisait par-dessus mon épaule, tels que ceux sur la masturbation (ah ! Le jugement d’autrui, penser à s’en émanciper encore et toujours en 2014). C’est très réaliste mais en même temps jamais ennuyeux. On suit la vie de notre ami et celle de tous ceux qui la partage. Car il tente également par moments d’analyser aussi le corps des enfants qu’il voit grandir, les différences, les ressemblances. On suit le petit garçon qui entre en Résistance à l’adolescence. Puis qui devient un grand monsieur, rattaché au Ministère. Mais jamais les émotions et les états d’âme ne prennent le pas. Le peu de fois où quelques lignes sur l’amour, le désir, le doute s’immiscent, notre narrateur se reprend immédiatement. Et pourtant, ces descriptions sont émouvantes, drôles et font même monter les larmes aux yeux par moments.

On se prend au jeu et on se met à être davantage attentifs à ce que notre corps nous envoie comme signaux ! Bon, par contre, je n’aurais pas la patience de tenir avec autant de méticulosité un journal de ce genre (déjà que le peu de journal intime que j’ai tenté de tenir à jour a été à chaque fois rapidement mis aux oubliettes).

C’est un bel exercice que cet ouvrage assez unique dans son genre (du moins à ma connaissance). Je n’étais pas forcément fan de l’idée avant de me lancer dans cette lecture et je suis contente d’avoir dépassé ce premier mouvement de recul. Si vous aimez Pennac, foncez. Et si vous ne le connaissez pas, foncez aussi, vous ne serez pas déçus !

L’oeil du loup, Daniel Pennac, Pocket jeunesse

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Dans un zoo, un loup d’Alaska, qui ne voit que d’un oeil, semble retenir toute l’attention d’un petit garçon, qui le fixe inlassablement. Ce qui a le don de l’énerver. Mais petit à petit, la confiance va s’installer entre eux. Il suffit parfois de fermer un oeil pour se mettre au même diapason…D’autant plus que ce petit bonhomme à l’air d’avoir un sacré don pour communiquer avec les animaux.

Daniel Pennac est un auteur que j’apprécie beaucoup aussi bien pour son style d’écriture, simple mais très enrichissant pour le lecteur, que pour ses idées. Auteur, mais aussi enseignant, célèbre pour sa saga Malaussène, il est aussi un écrivain accompli pour la jeunesse, que je n’avais jusqu’alors pas eu le plaisir de découvrir.

Loup Bleu, c’est ainsi qu’il se nomme, va créer un lien entre lui et ce petit Homme, en dépit du ressentiment qu’il a pour les humains, qui lui ont fait tant de mal. Toute la vie de Loup Bleu défile dans son œil et ce petit garçon le suit dans les pérégrinations l’ayant mené à ce zoo. Cela va dans les deux sens et Afrique dévoile ensuite son parcours atypique, sa vie sur le continent dont il porte le nom, comment lui aussi a été arraché à sa vie et comment il s’en est sorti, notamment grâce à sa capacité à raconter de belles histoires. Deux destins différents mais qui se mêlent et dégagent des valeurs universelles, qui font de ce livre un vrai chef d’oeuvre, à mettre entre les mains des enfants comme des adultes.

On voyage avec Loup Bleu en Alaska et on découvre le mode de vie et les valeurs des loups, fidèles à leur meute, courageux, nobles et fiers. Daniel Pennac redonne ici toute sa splendeur à cet animal si décrié aussi bien dans l’imaginaire collectif que dans la réalité. Les descriptions fortes nous font voyager et on peut presque sentir la morsure du froid et les conditions survie en découlant en Alaska, l’aridité et la sécheresse du désert africain. Mais aussi la souffrance par laquelle ces deux êtres sont passés, la douleur de l’éloignement de ceux qui leurs sont chers.

Ce très beau conte philosophique permet d’aborder, au travers de points de vue différents, des thématiques plus larges : l’amitié, la compréhension entre êtres vivants, les enjeux environnementaux, l’adaptation et l’intégration à un nouveau mode de vie. Un livre qui est recommandé à partir de 10-11 ans mais qui me semble pouvoir être lu plus tôt, surtout s’il est lu en famille.

Chagrin d’école, Daniel Pennac, éditions Gallimard

Chagrin d’école. Un titre qui ouvre la porte aux souvenirs des douces (ou pas) années passées au primaire, collège et lycée. Un livre qui m’a fait sourire, qui a fait se bousculer au portillon une foule de petites choses dans ma mémoire, agréables et tristes. Un livre qui pourtant n’est pas du tout orienté sur la nostalgie.

Daniel Pennac  se livre ici au lecteur en nous parlant de son enfance et adolescence marquées par la honte d’être un cancre, quand tous dans sa famille réussissaient si bien. Lire la suite

Au Bonheur des Ogres, Daniel Pennac, éditions Gallimard

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C’est le deuxième Pennac d’affilée sur lequel j’écris (je suis en train de finir Chagrin d’école qui viendra s’ajouter à ma phase pennacienne!).

On découvre Benjamin Mallaussène, le héros au grand coeur de la saga Mallaussène, frère et figure paternel d’une tribu composée dans ce livre de 3 soeurs, une extralucide, une deuxième accrochée à son appareil photo comme à la vie, une dernière enceinte de jumeaux, et de deux frères, l’un collégien turbulent et l’autre encore bercé par l’innocence de l’enfance. Et il doit gérer tout ce petit monde, plus ou moins abandonné par leur Maman trop occupée avec ses amours éphémères et cumulatifs. Lire la suite

Messieurs les enfants, Daniel Pennac, éditions Gallimard

Igor Laforgue, Joseph Pritsky et Nourdine Kader sont trois ado du quartier de Belleville. Quand Monsieur Crastaing, leur effrayant professeur de français, les surprend avec un dessin où une cohorte d’élèves clame «Crastaing salaud la classe aura ta peau», ils écopent d’une punition : une rédaction à rédiger. Le sujet ? Vous vous réveillez un matin, et vous constatez que vous avez été transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants. Racontez la suite. Avec son mot d’ordre habituel : « L’imagination, ce n’est pas le mensonge ! ». Sauf que l’imagination rejoint désespérément la réalité. Et bien évidemment, Crastaing a disparu… Lire la suite

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