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La bibli de Momiji

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drame

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, éditions Gallimard

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Elle est instable, passionnée, aimante et aimée. Il ferait tout pour elle, il va même jusqu’à créer une autre réalité pour la combler de bonheur. Ensemble, ils dansent sur Mr. Bojangles devant leur petit garçon, qui observe avec amour, tendresse et perplexité la folie dans laquelle sombre sa maman.

Alice, aka Page 53, m’a offert récemment ce livre pour mon anniversaire. Une très jolie surprise puisque je voulais le lire depuis longtemps. L’attente aura été à la hauteur de mes espérances : j’ai adoré cette lecture, belle et émouvante au possible. Lire la suite

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Madame Butterfly, Benjamin Lacombe, éditions Albin Michel

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Madame Butterfly, fragile et gracieuse comme un papillon, est une geisha qui se voit contracter un mariage avec un lieutenant américain, Benjamin Franklin Pinkerton, fraîchement arrivé de Boston. Amateur de belles choses, il voit Butterfly comme une conquête, qu’il veut épingler à son tableau de chasse mais dont il va vite se lasser. Abandonnée par son mari, rejetée par les siens, Butterfly, bercée par l’amour et la loyauté qu’elle porte à son bel américain, attendra désespérément et inlassablement le retour de l’être cher…

Avant tout, merci à mon beau-frère qui m’a offert ce merveilleux livre à Noël et merci à Benjamin Lacombe pour faire naître tant de beauté dans ses réalisations.

L’histoire de Madame Butterfly m’a toujours beaucoup touchée et j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de m’y intéresser, notamment quand j’ai réalisé mon mémoire sur les femmes japonaises pendant l’occupation américaine d’après-guerre. J’ai attendu de lire l’oeuvre de Benjamin Lacombe (librement adapté de l’Opéra Madame Butterfly de Giacomo Puccini et de Madame Chrysanthème de Pierre Loti) car en février, l’opéra m’attendait à Bastille et je trouvais intéressant d’en profiter pour faire concorder le spectacle et cette lecture (opéra que je vous conseille par ailleurs, il restitue parfaitement l’ambiance épurée propre au Japon tant dans les mots que dans la mise en scène, avec une musique qui provoque des frissons !).

Que vous dire devant tant de délicatesse ? Benjamin Lacombe n’est pas seulement un illustrateur extrêmement doué, c’est un auteur et un artiste qui rend hommage aux textes en les sublimant ici avec des peintures à l’huile toutes plus magnifiques les unes que les autres. Elles nous font voyager dans ce Japon qui n’existe plus vraiment mais qui est présent dans l’imaginaire et nous fascine toujours autant. Les jeux de couleurs, les émotions qui émanent des personnages sont des invitations à l’évasion et ont une dimension onirique qui nous fait nous échapper du monde réel le temps de la lecture et se perpétue une fois l’ouvrage refermé.

Mais au-delà du texte et des illustrations, ce livre-objet marque à lui tout seul les esprits. Usant de tissus, de papiers précieux, d’une fabrication exceptionnellement belle, sous la forme de pages reliées qui se déploient comme un paravent, ce livre grand format évoque finement le Japon et ses arts. L’originalité et la beauté se trouvant aussi parfois dans les détails qui se cachent, Benjamin Lacombe a pensé au plaisir de nos yeux et au verso des pages du récit, vous trouverez une fresque de presque dix mètres de long, réalisée au crayon et à l’aquarelle qui prolonge le voyage.

Encore un compliment à l’auteur ? Oui, il le mérite largement !
J’apprécie que le texte soit tout d’abord en trois actes et que les entractes soient accompagnés par des doubles qui viennent avec subtilité nous mettre dans la même temporalité que celle de l’opéra. De même le prologue nous immerge dans l’atmosphère du souvenir, celui de Pinkerton. C’est le parti-pris fort dans ce livre : avoir raconté l’histoire du point de vue du lieutenant américain. Evidemment, une grande part d’interprétation intervient dans l’ensemble du travail qu’a engendré ce livre. Mais c’est ce point de vue interne, inédit, qui m’a particulièrement marquée car il implique des choix d’écriture bien pensés. Non seulement la narration est très vivante, nous donne l’impression que Pinkerton s’adresse directement à nous, mais elle offre une perspective nouvelle à ce drame, ou plutôt cette tragédie.

Vous l’aurez compris, Benjamin Lacombe a travaillé avec un grand sens de la perfection et de la minutie, tant sur le fond que la forme. Il dépeint ce petit papillon symbole de l’amour déçu, de la trahison, fragile, à qui on peut aisément briser les ailes, mais qui jusqu’au bout conserve sa grâce et sa beauté. Il a su toucher l’amoureuse du Japon que je suis car j’y ai retrouvé la délicatesse de ses arts, l’élégance du vide et du plein, et il se les ait appropriés avec son style immédiatement reconnaissable. Ce n’est pas seulement un très beau livre, c’est une oeuvre d’art.

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